‹ Œuvres choisies d'Etienne PasquierChapitre 75 sur 176 · C.XXXIV ETIENNE l'ASQUIKR · texte numérisé non relu

C.XXXIV ETIENNE l'ASQUIKR

chanter l'amour, avec ses joies et ses peines, plus douces à son gré ' que tous les contentements du monde, ou plutôt de retracer les faces qu'il revêt dans chacune des saisons de la vie humaine. Par là le poète seflattedelesolenniser d'une manière entièrement originale2. La longue série d'élégies, de chansons et de sonnets qui se succèdent n'offre , malgré cette promesse, que fort peu de nouveauté. Dans les deux premières parties surtout, ce ne sont que des chants passionnés, écho affaibli de ceux des Provençaux et des Italiens. On remarquera seulement que Pasquier ne s'annonce pas comme épris d'une beauté unique, mais comme l'adorateur de toutes les femmes. En cela il diffère des auteurs ses contemporains. Tandis qu'ils choisissaient, du moins pour un poëmc, un objet spécial de leur tendresse, Ronsard sa Gassandre ou son Hélène, du Bellay son Olive, Tbiard sa Pasithée, il nous dit avec une certaine grâce,

Que chaque dame est sa douce folie-.

Séduit par la voix de l'une ou par son esprit, par le sourire de l'autre ou par la vivacité de son regard, il se représente partagé entre mille objets, comme un père « également charmé de tous ses enfants; » avec la fécondité du temps , il n'emploie pas à les célébrer moins d'une centaine de pièces. Mais je préfère à tous ces vers de convention quelques accents vrais que lui inspire, vers le milieu de la seconde partie, l'amour de son pays natal :

Brie , tu es de France la Pandore , Qui donne prés et Fruits et vins et blés , Dedans ton soin diversement mêlés, Ceinte de bois et de fleuves encore...

Dans la troisième partie Pasquier se montre à nous avec un air plus circonspect et plus grave. Son ton moins frivole révèle les préoccupations de l'âge mûr. Désormais appliqué aux travaux du barreau , il prie Dieu de favoriser sa carrière :

Fais, û Seigneur, qu'au chemin que j'ai pris Je ne sois point assiégé du mépris, Je ne sois point affligé de l'envie. ..

' Lettres , I. 10. témoignent assez du sujet rtr ces poésies

- Lettres, XM, G. « Ces divers titres, et du temps de Leur composition : » il

nous dit G. Colletet, Vie de Pasquier, y signale « beaucoup de feu et de poiu-

dnns son Histoire des Poètes français, tes d'esprit. »

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