‹ Œuvres choisies d'Etienne PasquierChapitre 76 sur 176 · POETE FRANÇAIS ET LATIN. CXXW · texte numérisé non relu

POETE FRANÇAIS ET LATIN. CXXW

Près de devenir père, il fait pressentir la tendresse éclairée qu'il portera à ses enfants ; je veux , dit-il ,

Suivant leur naturel accommoder mes vœux Et non leurs vœux aux miens : car la nature sage Nous donne en nos instincts à tous quelque avantage... Mais qu'ils soient gens de l>ien...

Il résume aussi dans des vers naturels les principes sur lesquels il s'est appliqué à régler sa vie :

Ne souhaiter rien plus que son pouvoir, Borner l'espoir, attremper ' son envie.

Rendre de peu sa pensée assouvie :

C'est ce qui fait heureuse vie avoir.

A plus qu'on n'est attacher son vouloir, De hauts desseins accompagner sa vie, Voir jusqu'au ciel sa pensée ravie :

C'est ce qui fait l'homme de cœur valoir.

Belle est vraiment l'opinion première; Belle est encor l'opinion dernière :

A qui des deux est-ce donc que je suis?

L'une avec peu fait que content j'abonde ; L'autre de peu me fait grand en ce monde : L'une je loue, et l'autre je la suis.

Ce rare et précieux mélange d'une modération sensée et d'une ambition généreuse explique les efforts et les succès de Pasquier en même temps que son bonheur.

Des « protestations loyales de sa fidélité en amour » se joignent à ces sages pensées dans celte troisième partie, plus importante que les autres. L$ quatrième trace le tableau des tribulations auxquelles l'amour nous expose vers le déclin de la vie , à cet âge qui semble exclure les faiblesses du coeur 2. Dans la cinquième enfin, Pasquier se déclare affranchi d'un joug qu'il a porté trop longtemps. « Amoureux de lui-même seulement, » il ne soupire plus qu'après une calme retraite ; et dans sa passion pour le st'jour de la campagne, il s'écrie :

Heureux qui loge au paradis des champs, Du rossignol se nourrit aux doux chants !.. De son lahour il recueille le finit, Dans sa maison il vit à petit bruit; Sa seule cour entretient sa famille...

' Modérer...

' Tibulle a dil dans ses Élégies, 1, 1, v. 71 et 72 : J.im siibrcpet ioers retas . ncr amaie ieei bit Dicerf ncr t-sao blanditias rapile.

Page 1