‹ Œuvres choisies d'Etienne PasquierChapitre 77 sur 176 · CXXXVI ETIENNE PASQUIER · texte numérisé non relu

CXXXVI ETIENNE PASQUIER

Ailleurs toutefois, par un souvenir adresse aux femmes, il compare leur beauté fragile à l'éclat des fleurs , si prompt à s'éteindre :

Toutes les roses au réveil

D'un clair soleil, Se revêtent d'habits mondains,

Dans nos jardins ; Puis prennent leurs habits de deuil

En un clin d'œil...

Quoique dans Pasquier se rencontrent peu d'accents de mélancolie, la vieillesse, en l'isolant au milieu du monde, en lui retirant tour à tour les affections et les biens dont il avait joui, fait sortir de son cœur ces paroles d'une tristesse touchante :

Oli ! combien est heureux celui qui de ses ans, Jeune, ne passe point la fleur de son printemps, Ou celui qui venu s'en retourne aussi vite '.

El sous l'impression de ce sentiment antique et chrétien l il excite Ronsard, dans une dernière chanson, à renoncer comme lui aux amours : son àme désormais appartiendra tout entière à Dieu. Cette gravité religieuse de ton peint, au reste, un côté du caractère de Pasquier : son goût pour le badinage ne le rendait pas , on l'a vu, observateur moins sévère de tous ses devoirs ; dans ce vers de sa vieillesse,

Bien vivre ■ et s'éjouir est ma philosophie, U s'est peint à tous les Ages ; il nous a donné le secret de sa vie entière. La source de son inaltérable gaieté était dans la paix d'une àme bien réglée et dans le témoignage d'une conscieuce satisfaite. De là tant de vers folâtres où se peignent l'égalité et l'agrément de son humeur facile à tous; de là encore une autre pièce légère qui fait suite aux Jeux poétiques : la Pastorale du vieillard amoureux. Elle est adressée à la duchesse de Retz , femme distinguée par l'esprit autant que par le rang, qui l'avait guerroyé, nous dit-il s, sur ce que, malgré le progrès des ans, il continuait à aimer. Il veut montrer cette fois que l'amour sied à la vieillesse comme aux autres saisons de la vie. Le dialogue où cette question est agitée ne manque pas d'une pointe heureuse d'enjouement philosophique, et plusieurs critiques l'ont signalé comme l'un des meilleurs morceaux de

1 Voy. à ce sujet les Œuvres complètes tin suivant : de la Boétie, p. 317. Lrx ,,,,1,, keuri, le» probà vita miln.

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a rendu la même pensée par le vers la- toi

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