‹ Œuvres choisies d'Etienne PasquierChapitre 78 sur 176 · POETE FRANÇAIS ET LATIN. CXXXVII · texte numérisé non relu

POETE FRANÇAIS ET LATIN. CXXXVII

Pasquier i. Nous verrons polir nous un curieux indice de la vogue des pastorales, à l'époque de l'.lminlt: du fasse, dans cette production singulière , née, comme le fait observer l'auteur, « en son plein hiver et au milieu des troubles de la France 2. »

Uu genre de poésies plus important à nos yeux se compose du « elles que lui ont suggérées divers événements de son temps : associé aux douleurs comme aux joies de la patrie, il manquait rarement l'occasion de s'en rendre l'organe ; on appellerait aujourd'hui ces poésies politiques. Elles nous mettent en communication avec les hommes et les choses au milieu desquels a vécu Pasquier. Telle est la pièce qu'il adresse, en 1570, au roi Charles IX, où , sous prétexte de le féliciter des victoires récentes remportées par ses troupes, il s'efforce de lui rendre odieux les triomphes obtenus sur des Français et de le ramener à l'amour de la concorde. Cette querelle intestine qui nous dévore, il la peint, par une allégorie frappante, sous les traits d'un monstre hideux, que l'insolence, l'ambition, l'ardeur de la vengeance et l'hypocrisie ont nourri pour la ruine de la France. Dans cette centrée naguère florissante il étale le spectacle du deuil et de la désolation 3. Il attribue toutes nos calamités au faux zèle et au fanatisme ; il montre, en interrogeant les histoires , combien de tout temps ils ont été funestes aux empires. Par eux la paix, dit-il, comme s'il lisait dans l'avenir, n'est pas moins meurtrière que la guerre. Dieu nous avait enseigné lui-même à n'employer contre les infidèles que les armes de la persuasion et de la douceur : il en atteste les tristes résultats des croisades. C'est par l'autorité de sages conseils , par l'exemple d'une vie sainte i|iul faut aussi ramener les sebismatiques à l'unité de la foi. Fes vertus de nos prélats seront plus efficaces à cet égard que les plus violentes mesures : il lui semble qu'il n'y aura plus qu'une religion dans le pays,

Alors que l'on verra renaître en notre Église

Les vénérables mœurs du l'antique prêtrise. Des imprécations contre tous ceux qui, sous les noms de papistes, de catholiques, de huguenots, troublent la paix publique, ennemis implacables du peuple autant que du roi, terminent

1 En particulier Goujel et Colletet. Pasquier, col. 911. Pasquier avait lui-même un sentiment '6 On peiit comparer ce morceau aux

de prédilection pour celte pièce : Lct- Discours de Baïfet de Ronsard sur les

très, XXI, (i. malheurs de la France. G. Colletet traita

1 Elfe fat écrite à Tours : voy. l'é- aussi plus tard le même sujet, qui eut

pitre à P. l'ithou, t. Il des Œuvres dé trop longtemps chez nous son à-propos.

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