‹ Œuvres choisies d'Etienne PasquierChapitre 81 sur 176 · POETE FHANCA1S ET LATIN. CXL · texte numérisé non relu

POETE FHANCA1S ET LATIN. CXL

bon contre l'assassin de Henri IV : mais, animé par ces nobles accents dont il reproduit l'énergie, il cesse bientôt d'être un simple interprète; il ajoute à la conception originale ses inspirations personnelles,qui la complètent en quelque sorte ". Avec du Vair, Rapin et Malherbe il rivalise pour la traduction de onze vers latins, qui, dans une époque prompte à ressentir de futiles entbousiasmes, avaient excité l'admiration la plus vive : c'était une vigoureuse, prosopopée, où la ville d'Osteiule, assiégée depuis trois ans, exha lait ses plaintes de toutes les horreurs qu'elle endurait \ Pasquier la prenait à tort pour l'œuvre de Joseph Scaliger : tour à tour at tribuée à plusieurs personnages célèbres , elle appartenait réellement au jeune Grotius, depuis fameux à tant de- titres-, qui- céda enfin au plaisir de s'en déclarer l'auteur 3.

Les hommes de la renaissance , non contents, comme on voit , de traduire les anciens, se traduisaient volontiers les uns les autres. Scévole de Sainte-Marthe, poète si accompli dans la langue de Virgile, versifiait en français les pièces latines de l'historien de Thou ', et Joachim du Bellay consacrait le même soin au poème de l'Hôpital sur la science du gouvernement , que le jeune François II apprenait par cœur5. Pasquier poussa plus d'une fois ce goût du temps jusqu'à être le traducteur de ses propres œuvres. Au fond, tous ces efforts assouplissaient les esprits et la- langue : c'est ce qui peut nous rendre indulgents pour tant de vers français, latins ou grecs, qui sur les mêmes sujets se répétaient à l'infini. Cette exubérance un peu stérile caractérisa surtout les célèbres luttes poétiques auxquelles Pasquier a donné naissance et dont il nous reste à parler.

On a lu au chapitre de sa vie que deux fois il suivit comme avocat les magistrats envoyés dans les provinces pour y tenir les assises extraordinaires connues sous le nom de grands jours. Or les grands jours à cette époque étaient renommés pour produire du nouveau, comme anciennement l'Afrique6. Ceux de Poitiers et de

1 Lettres, XX, 2. Cf. de Thou, Ilist., originale, dans le t. Il de ses OEucres ,

li\ CXXV H, au commencement. col. 938.

zyoy. sur ce siège PalmaCayet, Chro- 4 De Thou, De vi la sua, 1. V; et v. le

HQlogicseptenaire,i. Xlldela Collection recueil de ses poésies latines.

Micuaudet 1-oujoulat, p. 177 et 239. 5 Varillas, Histoire de François XI,

i Voir Du Maurier, Abrégé de ta vie faisant suite à 1" Histoire de Henri 11 .

de Grotius , à la fin des Mémoires pour Paris, Barbin, 1692 , in-4°, t. Il, p. 156.

n l'histoire de Hollande , 1680, 6 Lettres, VHI, 10, Apologie de la

in-S" :. quant à la traduction de l'as- >»<"«. — Semper aliquid Africa novi

(Uter, elle se trouve, a\ec la pièce aftert , àei ipépei Tt Aiovr, KOCIVOV :

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