CL1V DEMELES DETIENNE PASQUIER
la magistrature , il confirma les lettres patentes de son père et y joignit des lettres de jussion pour en forcer l'enregistrement '.
Celait surtout à la faveur de Catherine deMédieis et de la maison des Guise, dès lors leur étroite alliée, que les jésuites étaient redevables de cette concession : un patron non moins efficace de leur compagnie fut l'évéque de Clermont, Guillaume Duprat. Non content de les avoir logés de son vivant dans sa propre demeure à Paris, ce prélat, à l'époque de sa mort, arrivée en 1560, leur légua plus de 60,000 écus 2, pour ouvrir, en qualité de religieux, un collège à Paris et deux autres en Auvergne. A cet effet, ils s'empressèrent d'acheter dans la rue Saint- Jacques l'hôtel de Langres, qu'ilsappelèrent, en mémoire de leur bienfaiteur, hôtel de Clermont. Ce vaste local leur permettait, en y établissant un monastère et un collège, d'exécuter leur plan favori. Mais pour loucher le legs , dont une partie devait acquitter le prix de leur acquisition , il fallait qu'ils eussent été reçus régulièrement en France; et, par des délais affectés, le parlement s'était abstenu jusque-là, malgré l'ordre royal , d'enregistrer les lettres qui leur avaient été accordées. Les jésuites renouvelèrent donc avec ardeur leurs démarches auprès de ce corps ; et ce ne fut plus comme société de Jésus, mais seulement comme membres du collège de Clermont, qu'ils réclamèrent son approbation.
Le Colloque de Poissy s'ouvrait au même moment sous la présidence du jeune Charles IX, qui venait de prendre possession du trône* . Sur ce théâtre, que nos troubles religieux avaient fait dresser, les principaux ministres, et à leur tête Théodore de Bèze, se levaient pour répondre à l'élite du clergé. Les deux communions en présence suspendaient leurs haines, que l'aigreur de la discussion allait bientôt réveiller. Les jésuites se virent renvoyés, comme ils l'avaient prévu, devant l'Église gallicane ainsi assemblée, pourl'examen définitif de leurs statuts 4. Là les appuis ne devaient pas leur manquer, surtout dans les rangs les plus élevés du parti catholique.
1 Voy. l'Histoire citée de Sacchini, p. 25, dit seulement plus de 36,000
r. 129; deThou,l. XXWII, t. %, p. 25; éeus. Voy., à ce sujet, Y Histoire citée
Crévier, Histoire de l'université de Pa- d'Orlandini, p. 377. ris, t. VI, p. 4 et suiv. — On peut aussi ' 156] : voy., ponr ee. Colloque, les
consulter sur ce point, comme sur quel- Lettres de l'asquier, IV, 11 ; de Thou,
qnes-una de ceux qui précèdent et qui 1. XXVIII , t. IV, p. 82 et suiv. ; Da-
Bmivent , la. Morale pratique des Jésùi- vila, Histoire des guerres civiles de
tes, on l'analyse de cet ouvrage dans France, liv. Il; Mémoires de C'ondé,
V Analectabïblion du marquis du Roure, t. Il, p. 190 et suiv. t II, p. 298 et suiv. ' t.rtlrcs de l'asquier, IV, 21 ; cf. de
-' De Thou, llist., liv. WXM1, i. v, mou, I. XXWII, t. V, p. 26.