‹ Œuvres choisies d'Évariste ParnyChapitre 120 sur 147 · A M. FRANÇAIS · texte numérisé non relu

A M. FRANÇAIS

CONSEILLER d'ÉTAT , DIRECTEUR GENERAL DES DROITS RÉUNIS.

l'^'' JA>'VIEK 1806.

Il rentre l'émigré Janus ; De nouveau la France l'implore; Et sa clef profane ouvre encore Le calendrier de Jésus.

C'était lui dans Rome payenne

Qui semait les couplets flatteurs , Les vœux sincères ou meuteurs, Les saluts et bonbons d'étrenne.

Autant il en fait dans Paris.

Tout passe, dit- on; faux système!

Nous rebrodons de vieux babits Dont l'étoffe est toujours la même.

Rome avait ses droits-réunis :

Un homme intègre, franc, affable, Bon citoyen , bon orateur , De morgue et d'intrigue incapable, De ces droits était directeur :

Il savait Horace par cœur, 11 lisait Térence et Catulle, Et certain cadet de Tibulle Dans ses bureaux fut rédacteur.

Trop souvent la reconnaissance Parle et s'épanche en mauvais vers , Et souvent aussi l'indulgence Pardonne ce léger travers ; Tibullinus , faible de tête , Au nouvel an devient poète , Enfle une ode , et joyeux la lit A son directeur qui sourit , Puis répond : J'accepte un hommage Que votre cœur vous a dicté; Mais le cœur veut la vérité.

Chez Apollon, point de parlage;

Les cadets au Parnasse ont tort.

A cette injuste loi du sort De bonne grâce il faut souscrire.

Laissez donc la flûte et la lynî; Et pour étrenne, une autre fois, A ma santé qui vous est chère De Falerne buvez un verre, Pourvu qu'il ait payé les droits.

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