A M. FRANÇAIS
CONSEILLER d'ÉTAT , DIRECTEUR GENERAL DES DROITS RÉUNIS.
l'^'' JA>'VIEK 1806.
Il rentre l'émigré Janus ; De nouveau la France l'implore; Et sa clef profane ouvre encore Le calendrier de Jésus.
C'était lui dans Rome payenne
Qui semait les couplets flatteurs , Les vœux sincères ou meuteurs, Les saluts et bonbons d'étrenne.
Autant il en fait dans Paris.
Tout passe, dit- on; faux système!
Nous rebrodons de vieux babits Dont l'étoffe est toujours la même.
Rome avait ses droits-réunis :
Un homme intègre, franc, affable, Bon citoyen , bon orateur , De morgue et d'intrigue incapable, De ces droits était directeur :
Il savait Horace par cœur, 11 lisait Térence et Catulle, Et certain cadet de Tibulle Dans ses bureaux fut rédacteur.
Trop souvent la reconnaissance Parle et s'épanche en mauvais vers , Et souvent aussi l'indulgence Pardonne ce léger travers ; Tibullinus , faible de tête , Au nouvel an devient poète , Enfle une ode , et joyeux la lit A son directeur qui sourit , Puis répond : J'accepte un hommage Que votre cœur vous a dicté; Mais le cœur veut la vérité.
Chez Apollon, point de parlage;
Les cadets au Parnasse ont tort.
A cette injuste loi du sort De bonne grâce il faut souscrire.
Laissez donc la flûte et la lynî; Et pour étrenne, une autre fois, A ma santé qui vous est chère De Falerne buvez un verre, Pourvu qu'il ait payé les droits.