SUR SA TRADUCTION DES BAISERS DE JEAN SECOND
D'autres tentèrent sans succès De donner au Pinde français Ces chants brillantes, mais aimables, Que trois siècles ont applaudis, Ces baisers brûlans et coupables Par Dorât si bien refroidis.
Les Dorats sont communs en Franœ; Et Jean second , traduit par eux , , Ferait de ses péchés heureux Une trop longue pénitence.
Elle cesse enfin , grâce à vous.
Après cette œuvre méritoire Qui pour nous rajeunit sa gloire , Vous péclioz aussi; vif et doux, Orné sans fard, à la nature Vous empruntez votre parure.
IjC bon goût ainsi vous apprit Qu'au Parnasse, comme à Cythèro, Une amante ne répond guère Aux baisers que donne l'esprit.
AU MEME
C'en est fait , vous voilà lancé Dans ce vallon oii la jeunesse M'avait imprudemment poussé; Dans cette arenc où le Pcrmesse Houle son hmon courroucé.
Des conscrits ainsi le couraire Va remplacer les vieux soldats Qui dans la paix de leur village Rêvent encore les combats.
Pour vous commence la mêlée; Déjà les pandours en passant
6o MELANGES.
De votre musc harcelée Insultent le laurier naissant, Un petit pédant ridicule, Qui veut régenter Hélicon , Sur vos vers a levé , dit-on , Le poids de sa docte féruK;.
Bien! de la médiocrité J'aime la plaisante colère; J'aime ce poète avorté Dont la sournoise vanité Aux talens heureux fait la guerre, Qui du nom de moralité Colore sa triste impuissance.
Et de sa propre main encense Son envieuse nullité.
EPHIMECIDE;