‹ Œuvres choisies d'Évariste ParnyChapitre 134 sur 147 · SUR SA TRADUCTION DE L ESSAI SUR L HOMME · texte numérisé non relu

SUR SA TRADUCTION DE L ESSAI SUR L HOMME

DuRESNEL dans ses longues rimes De l'optimiste d'Albion A délayé les vers sublimes , Et l'heureuse précision ; Sa timide et faible copie Nous voile de l'original La raison nerveuse et hardie, Et pour son lecteur tout est mal.

Mais Pope vous prêta sa lyre, Son chant rapide, harmonieux; Et les Frérons auront beau dire, Aujourd'hui tout est pour le mieux.

RÉPONSES DIVERSES. gf,

Du plus grand paresseux tle France

Je reçois enfin quelques mots ;

Et sa plume avec négligence Me donne le détail de ses galans travaux. Sous quel astre propice avez-vous pris naissance,

O le plus heureux des amis?

Vous me rendez les jours de mon adolescence ;

En vous lisant, je rajeunis.

Un cœur tout neuf, une aimable maîtresse; Durant le jour mille désirs; Durant la nuit mille plaisirs; Peu de prudence , et beaucoup de tendresse ; Un Argus à séduire, une mère à tromper ; L'heure du rendez-vous toujours lente à frapper : De tous ces malheurs de jeunesse Autrefois je fus affligé.

Hélas! que mon sort est changé!

Des passions je n'ai plus le délire; L'air de Paris a desséché mon cœur; Ma voix a perdu sa fraîcheur.

De dépit j'ai brisé ma lyre.

La douce volupté fuit ce bruyant séjour ;

Ici l'ou plaît par l'artifice ,

Les désirs meurent en un jour.

Le trompeur est dupe à son tour,

Et dans cette amoureuse lice

On fait tout excepté l'amour.

Je pars, je vais cherclier loin des bords de la Seine Une beauté naïve et prête à s'enflammer; Et je vole avec vous au fond de la Lorraine,

Puisqu'on y sait encore aimer.

JNe parlons plus d'Éléonore :

J'ai passé le mois des amours , Le mois? c'est beaucoup dire encore.

S'ils revenaient ces heureux jours, Et si j'avais à quelque belle Consacré mon cœur et mes chants.

Combien je craindrais auprès d'elle Vos jolis vers et vos seize ans !

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