SUR SA TRADUCTION DE L ESSAI SUR L HOMME
DuRESNEL dans ses longues rimes De l'optimiste d'Albion A délayé les vers sublimes , Et l'heureuse précision ; Sa timide et faible copie Nous voile de l'original La raison nerveuse et hardie, Et pour son lecteur tout est mal.
Mais Pope vous prêta sa lyre, Son chant rapide, harmonieux; Et les Frérons auront beau dire, Aujourd'hui tout est pour le mieux.
RÉPONSES DIVERSES. gf,
Du plus grand paresseux tle France
Je reçois enfin quelques mots ;
Et sa plume avec négligence Me donne le détail de ses galans travaux. Sous quel astre propice avez-vous pris naissance,
O le plus heureux des amis?
Vous me rendez les jours de mon adolescence ;
En vous lisant, je rajeunis.
Un cœur tout neuf, une aimable maîtresse; Durant le jour mille désirs; Durant la nuit mille plaisirs; Peu de prudence , et beaucoup de tendresse ; Un Argus à séduire, une mère à tromper ; L'heure du rendez-vous toujours lente à frapper : De tous ces malheurs de jeunesse Autrefois je fus affligé.
Hélas! que mon sort est changé!
Des passions je n'ai plus le délire; L'air de Paris a desséché mon cœur; Ma voix a perdu sa fraîcheur.
De dépit j'ai brisé ma lyre.
La douce volupté fuit ce bruyant séjour ;
Ici l'ou plaît par l'artifice ,
Les désirs meurent en un jour.
Le trompeur est dupe à son tour,
Et dans cette amoureuse lice
On fait tout excepté l'amour.
Je pars, je vais cherclier loin des bords de la Seine Une beauté naïve et prête à s'enflammer; Et je vole avec vous au fond de la Lorraine,
Puisqu'on y sait encore aimer.
JNe parlons plus d'Éléonore :
J'ai passé le mois des amours , Le mois? c'est beaucoup dire encore.
S'ils revenaient ces heureux jours, Et si j'avais à quelque belle Consacré mon cœur et mes chants.
Combien je craindrais auprès d'elle Vos jolis vers et vos seize ans !