‹ Œuvres choisies d'Évariste ParnyChapitre 59 sur 147 · ELEGIE I · texte numérisé non relu

ELEGIE I

Du plus malhoureux des amans Elle avait essuyé les larmes; Sur la foi des nouveaux sermens Ma tendresse était sans alarmes; J'en ai cru son dernier baiser ; Mon aveuglement fut extrême.

Qu'il est facile d'abuser L'amant qui s'abuse lui-même !

Des yeux timides et baissés, Une voix naïve et qui touche , Des bras autour du cou passés, Un baiser donné sur la bouche , Tout cela n'est point de l'amour.

J'y fus trompé jusqu'à ce jour.

Je divinisais mes faiblesses ;

Et mn sotte crédulité

N'osait des plus folles promesses

Soupçonner la sincérité :

Je croyais surtout aux caresses.

Hélas! en perdant mon erreur, Je perds le charme de la vie.

J'ai partout cherché la candeur, Partout j'ai vu la perfidie.

Le dégoût a flétri mon cœur.

Je renonce au plaisir trompeur, Je renonce à mon infidèle; Et, dans ma tristesse mortelle, Je me rcpens de mou bonheur.

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