‹ OEuvres choisies de A. Rivarol. Avec une préfChapitre 26 sur 31 · Voyez les registres de la halle du samedi 3 octobre · texte numérisé non relu

Voyez les registres de la halle du samedi 3 octobre

pas : on répandit qu'il était d'une mauvaise qualité, comme pour le punir de son abondance, qui contrariait les desseins de la cabale et triomphait partout des gaspillages du peuple. Ce bruit, accrédité, fut cause d'une expédition faite à la halle sur deux mille sacs qu'on jeta dans la Seine. Des témoins irréprochables ont goûté cette farine et ont affirmé qu'elle était de la meilleure qualité.

L'abondance était telle alors que le pain se donnait publiquement, au faubourg Saint-Antoine, à deux sous et même à un sou la livre. L'Hôtel de ville en fut averti, et apprit tout à la fois qu'on distribuait de l'argent dans ce même faubourg et dans celui de Saint-Marcel; c'était le 4 octobre. La municipalité s'assembla en tumulte, et, ayant délibéré jusqu'à quatre heures du matin , arrêta qu'un renfort de cinq cents hommes garderait l'Hôtel de ville ce jour-là; mais, à sept heures du matin, il ne se trouvait pas encore vingt hommes dans l'hôtel quand les poissardes en forcèrent l'entrée et le pillèrent; et cependant les gardes nationales, dispersées dans les rues, se promenaient paisiblement avec des pains sous le bras, et regardaient nonchalamment la foule qui se pressait aux portes des boulangers.

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