‹ OEuvres choisies de A. Rivarol. Avec une préfChapitre 8 sur 31 · EN PRESENXE ET SOUS LES AUSPICES DE L'ÊTRE SUPREME · texte numérisé non relu

EN PRESENXE ET SOUS LES AUSPICES DE L'ÊTRE SUPREME

Cette insurrection contre tous les principes a gagné dans Paris au point qu'un prédicateur connu a prêché publiquement une religion philosophique et nationale au petit peuple, et nous a appris que c'étaient des aristocrates qui avaient crucifié Jésus-Christ. Il est évident qu'un tel prêtre était fait pour avoir le fanatisme du siècle où il vivrait, et, du temps de la Ligue, il aurait couru le couteau à la main dans les rues de Paris.

que les sublimes architectes d'un autre univers s'occupassent des grossiers besoins de ce petit coin de terre et d'eau qu'on nomme la France. M. Necker leur proposa donc, attendu le vide absolu du trésor royal, de voter un emprunt de trente millions à cinq pour cent. Nos députés, après quelque résistance, y consentirent; mais, pour être quelque chose dans cette opération, ils décrétèrent que l'emprunt ne serait qu'à quatre et demi pour cent; et c'est ici que Paris se dévoila tout entier, que les représentants de la nation montrèrent leur insuffisance, et que M. Necker se moqua d'eux avec succès. L'emprunt ne réussit pas. L'incroyable patriotisme des Parisiens tint à une fraction, et M. Necker, qui sait aussi à quoi tiennent les miracles en finances, eut raison de faire entendre à nos députés qu'ils avaient eu trop bonne opinion des capitalistes; qu'un mois passé dans des discussions métaphysiques avait refroidi les patriotes, éteint le crédit, et fait manquer le moment. Enfin il ne leur dissimula point que l'Assemblée nationale risquait de s'égarer toutes les fois qu'elle s'écarterait de lui.

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