‹ Œuvres choisies de BalzacChapitre 22 sur 48 · LE BARBON · texte numérisé non relu

LE BARBON

La première chose qu'il fit étant de retour du collège, et ayant appris à faire des arejamens, ce fut de donner des démentis en forme à son père et à sa mère, et de les contredire, quand même ilsétoientde son opinion, de peur qu'on ne crût qu'il fut de la leur. Le consentement à quoi que ce soit ne lui sembla pas étrt/^ la dignité d'un philosophe, et il s'imagina que ;> surtout , il falloit s'éloigner du sens commun', parce qu'il ne faut rechercher que les choses rares. Le mot de commun le dégoûta si fort de celui dé ^ens ^ que dès lors il se résolut xle n'en point avoir, et de laisser cette qualité vulgaire aux personnes médiocres.

S'étant ainsi "défait- tïfe la principale pièce de l'esprit humain , il prit dans la science le plus incroyable pour le plus beau. Les malades ne songent rien de si monstrueux qu'il n'assurât avec serment: il juroit par Jupiter, et partons les dieux «t toutes les déesses, que cela étoit. Les mauvais <v sophismes , qui sont les jouets des écoliers , ëtoient les armes de ce docteur. Il en attaquoit

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