I. // Par. xxin, 11. - 2. Prov. vin, 15, — 3. Rom. xm
son esprit de terreur pour effrayer les peuples qu'il leur veut soumettre : « il les prend par la main, » dit le prophète Isaïe. « Voici ce qu'a dit le Seigneur à Cyrus mon oint : Je tournerai devant ta face le dos des rois ennemis : je marcherai devant toi, et j'humilierai à tes pieds'toutes les grandeurs de la terre : je romprai les barres de fer, je briserai les portes d'airain : » « Haec dicit Dominus christo meo « Cyro, cujus apprehendi dexteram.... dorsa regum vertam : Ego ante « te ibo, et gloriosos terrae humiliaho : portas aereas conteram , et a vectes ferreos confringam '. »
Quand le temps fatal est venu qu'il a marque <3ês l'éternité à la durée des empires, ou il les renverse par la force : « Je frapperai, dit-il, tout le royaume d'Israël, je l'arracherai jusqu'à la racine, je le jetterai où il me plaira, comme un roseau que les vents emportent : » « Perce cutiet Dominus Deus Israël, sicut moveri solet arundo in aqua : et a evellet Israël,... et ventilabit eos trans flumen a : » a ou il mêle dans les conseils un esprit de vertige, qui fait errer l'Egypte incertaine comme un homme enivré : « Miscuit in medio ejus spiritum vertigia nis : et errare fecerunt jEgyptum , ... sicut errât ebrius et vomens 3 : » en sorte qu'elle s'égare, tantôt en des conseils extrêmes qui désespèrent, tantôt en des conseils lâches qui détruisent toute la force de la majesté. Et même lorsque les conseils sont modérés et vigoureux, Dieu les réduit en fumée par une conduite cachée et supérieure; parce qu'il est « profond en pensées 4, terrible en ses conseils par-dessus les enfants des hommes*;» parce que « ses conseils étant éternels, » a Consilium Domini in aeternum manet*, » et embrassant dans leur ordre toute l'universalité des causes, « ils dissipent avec une facilité toute-puissante les conseils toujours incertains des nations et des princes : » « Dominus dissipât consilia gentium, reprobat autem coa gitationes populorum; et reprobat concilia principum '.
C'est pourquoi un roi sage, un roi capitaine, victorieux, intrépide, expérimenté, confesse à Dieu humblement que c'est a lui qui soumet ses peuples sous sa puissance : » <* Qui subdit populum meum sub me *.* Il regarde cette multitude infinie comme un abîme immense, d'où s'élèvent quelquefois des flots qui étonnent les pilotes les plus hardis; mais comme il sait que c'est le Seigneur qui domine à la puissance de la mer et qui adoucit ses vagues irritées, voyant son état si calme, qu'il n'y a pas le moindre souffle qui en trouble la tranquillité : « 0 mon Dieu, [dit-il,] vous êtes mon protecteur ; c'est vous qui faites fléchir sous mes lois ce peuple innombrable : » a Protector meus, et a in ipso speravi, qui subdit populum meum sub me. »
Pour établir cette puissance, qui représente la sienne, Dieu met sur le front des souverains et sur leur visage une marque de divinité. C'est pourquoi le patriarche Joseph ne craint point de jurer par la tête et par le salut de Pharaon •, comme par une chose sacrée, et il
i. Is. xi.v, î, 2. — 2. /// Reg. xrv, 15. — 3. /*. xrx, 14.
4. Ps. XCI, 6. — 5. Ps. LXV, 5. — 8. Ps. XXXII, li. — 7 Ibtd., 10.