Levit. six
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partie de l'autorité publique, ont cela de plus qu'ils sont obligés d'être fermes, non-seulement à la garder, mais encore à la protéger et à la rendre.
Qui pourroit maintenant vous dire de quelle sorte et par quels artifices l'intérêt attaque l'intégrité de la justice, tente sa pudeur, affaiblit sa force, et corrompt enfin sa pureté? Ce n'est pas un ouvrage fort pénible, que de connoltre et condamner les injustices des autres; nous les voyons détestées par une clameur universelle : mais se détacher de soi-même, pour juger droitement de ses actions, c'est là véritablement le grand effort de la raison et de la justice. Qui nous donnera, Chrétiens, non ce point appuyé hors de la terre, que demandoit ce grand géomètre ', pour la remuer hors de son centre, mais un point hors de nous-mêmes, pour nous regarder d'un même œil que nous regardons les autres, et arrêter dans notre cœur tant de mouvements irréguliers que l'intérêt y fait naître? quelle horreur aurionsnous de nos injustices, de nos usurpations, de nos tromperies! Mais, hélas! où trouverons-nous ce point de détachement , pour sortir nous-mêmes hors de nous-mêmes, et nous voir d'un œil équitable et d'un regard désintéressé ? La nature ne le donne pas, nous n'écoutons pas la grâce : c'est pourquoi c'est en vain que la raison dicte, que la loi publie, que l'Évangile confirme cette loi si naturelle et si divine tout ensemble : a. Ne faites point à autrui ce que vous ne voulez pas qui vous soit fait 2. » Nul ne veut sortir de soi-même pour entrer dans cette mesure commune du genre humain : celui-là, ébloui de sa fortune, ne peut se résoudre à descendre de sa superbe hauteur, pour se mesurer avec personne. Mais pourquoi parler ici de la grandeur? chacun se fait grand à ses yeux, chacun se tire du pair, chacun a des raisons particulières par lesquelles il se distingue des autres.
Je parle premièrement à tous les hommes, et je leur dis à tous de la part de Dieu : 0 hommes, quels que vous soyez, et quelque sort qui vous soit échu par l'ordre de Dieu dans le grand partage qu'il a fait du monde, soit que sa providence vous ait laissés dans 1(3 repos d'une vie privée, soit que vous tirant du pair elle ait mis sur vos épaules, avec de grandes charges, de grands périls et de grands comptes à rendre; puisque vous vivez tous en société sous l'empire suprême de Dieu, n'entreprenez rien les uns sur les autres, et écoutez les belles paroles que vous adresse à tous le divin Psalmiste : a Si a verè utique justitiam loquimini, recta judicate, filii hominum 3 : « Si c'est véritablement que vous parlez de la justice, jugez donc droitement, ô enfants des hommes. » Permettez-moi, Chrétiens, de paraphraser ces paroles, sans me départir toutefois du sens littéral, et de vous dire avec David : O hommes, vous avez toujours à la bouche l'équité et la justice; dans vos affaires, dans vos assemblées, dans vos entretiens, on entend partout retentir ce nom sacré; et si peu qu'on vous blesse dans vos intérêts, vous ne cesserez d'appeler la justice à votre secours : mais si c'est sincèrement et de bonne foi que vous par-
1. Archimède de Syracuse — 2. Tob. rv, 16; Luc. vi, 3J. — 3. Ps. lvit. i.
lez de la sorte, si vous regardez la justice comme Panique asile de la vie humaine, et que vous croyez avoir raison de recourir, quand on vous a fait tort, à ce refuge commun du bon droit et de l'innocence, jugez vous donc vous-mêmes équitableraent, et ne vous laissez pas aveugler par votre intérêt; contenez-vous dans les limites qui vous sont données, et ne faites pas à autrui ce que vous ne voulez pas qu'on vous fasse. Car en effet, Chrétiens, qu'y a-t-il de plus violent et de plus inique, que de crier à l'injustice, et d'appeler toutes les lois à notre secours, si peu qu'on nous touche, pendant que nous ne craignons pas d'attenter hautement sur le droit d'autrui; comme si ces lois que nous implorons ne servoient qu'à nous protéger, et non pas à nous instruire de nos obligations envers les autres; et que la justice n'eût été donnée que comme un rempart pour nous couvrir, et non comme une borne posée pour nous arrêter, et comme une barrière pour nous renfermer dans nos devoirs réciproques ?
Fuyons un si grand excès, gardons-nous bien d'introduire dans ce commerce des choses humaines cet abus tant réprouvé par les saintes lettres, qui est la perte infaillible du droit et de la justice : deux mesures, deux balances , deux poids inégaux; une grande mesure pour exiger ce qui nous est dû, une petite mesure pour rendre ce que nous devons : car, comme dit le prophète, « c'est une chose abominable devant le Seigneur '. » Servons-nous de cette mesure commune qui enferme le prochain avec nous dans la même règle de justice; je veux dire, « faisons, Chrétiens, comme nous voulons qu'on nous fasse : c'est la loi et les prophètes 2. * Gardons l'égalité envers tous; et que le pauvre soit assuré par son bon droit, autant que le riche par son crédit, et le grand par sa puissance : gardons-la en toutes choses, et embrassons par un soin égal tout ce que la justice ordonne.
Je ne puis ici m'empêcherde reprendre en passant cet abus commun d'acquitter fidèlement certaines sortes de dettes, et d'oublier tout à fait les autres. Au lieu de savoir connoître ce que doit fournir notre source, et ensuite de dispenser sagement ces eaux par tous les canaux qu'il faut remplir, on les fait couler sans ordre toutes d'un côté, et on laisse le reste à sec. Par exemple, les dettes du jeu sont privilégiées; et comme si ces lois étoient les plus simples et les plus inviolables de toutes, on se pique d'honneur d'y être fidèle : non point pour ne tromper pas, car, au contraire, on ne rougit pas de prendre tous les jours des avantages frauduleux, mais du moins pour payer exactement; pendant qu'on ne craint pas de faire misérablement languir des marchands et des ouvriers qui seuls soutiennent depuis si longtemps cet éclat que je puis bien appeler doublement trompeur et doublement emprunté, puisque vous ne le tirez ni de votre vertu, ni même de votre bourse; dont la famille éplorée, que votre vanité réduit à la faim, crie vengeance devant Dieu contre votre luxe : ou bien, si l'on est soigneux de conserver du crédit en certaines choses, de peur de faire tarir les ruisseaux qui entretiennent notre vanité, on néglige les vieilles dettes, on ruine impi-
t. Prov. xx, 23. — 2. Matth. vu. 17.
toyablement les anciens amis; amis malheureux et infortunés, devenus ennemis par leurs bons offices, qu'on ne regarde plus désormais que comme des importuns qu'on veut réduire, en les fatiguant, à des accommodements déraisonnables, ou à qui l'on croit l'aire assez de justice quand on leur laisse après sa mort les débris d'une maison ruinée, et ies restes d'un naufrage que les flots emportent. 0 droit! ô bonne foi! ô sainte équité ! je vous appelle à témoin contre l'injustice des hommes; mais je vous appelle en vain : vous n'êtes presque plus parmi nous que des noms pompeux, et l'intérêt est devenu notre seule règle de justice.
Intérêt, dieu du monde et de la cour, le plus ancien, le plus décrié, et le plus inévitable de tous les trompeurs, tu trompes dès l'origine du monde : on a fait des livres entiers de tes tromperies, tant elles sont découvertes. Qui ne devient pas éloquent à parler de tes artifices? qui ne fait pas gloire de s'en défier? mais tout en parlant contre toi, qui ne tombe pas dans tes pièges? « Parcourez, dit le prophète Jérémie, toutes les rues de Jérusalem, considérez attentivement, et cherchez dans toutes ses places, si vous trouverez un homme droit et de bonne foi. S'il y en a quelqu'un qui jure par moi, en disant : Vive le Seigneur! il se servira faussement de ce serment même:» a Circuite vias Jérusalem, et aspicite, et considerate, et quaerite in « plateis ejus, an inveniatis virum facientem judicium, et quaerentem « fidem.... Quod si etiam, Vivit Dominus, dixerint : et hoc falsô jua rabunt'. » On ne voit plus, on n'écoute plus, on ne garde plus aucune mesure, quand il s'agit du moindre intérêt : la bonne foi n'est qu'une vertu de commerce, qu'on garde par bienséance dans les petites affaires, pour établir son crédit, mais qui ne gêne point la conscience, quand il s'agit d'un coup de partie. Cependant on jure, on affirme; on prend à témoin le ciel et la terre; on mêle partout le saint nom de Dieu, sans aucune distinction du vrai et du faux : a Comme si le parjure, disoit Salvien, n'étoit plus un genre de crime, mais une façon de parler : » « Perjurium ipsum sermonis genus a putat esse, non criminis2. » Au reste, on ne songe plus à restituer le bien qu'on a usurpé contre les lois; on s'imagine qu'on se le rend propre par l'habitude d'en user, et on cherche de tous côlés non point un fond pour le rendre, mais quelque détour de conscience pour le retenir : on trouve le moyen d'engager tant de monde dans son parti, et on sait lier ensemble tant d'intérêts différents, que la justice repoussée par un si grand concours et par cet enchaînement d'intérêts contraires, si je puis parler de la sorte, a est contrainte de se retirer, comme dit le prophète Isaie : la vérité tombe par terre, et ne peut plus percer de si grands obstacles, ni trouver aucune place parmi les hommes : » a Et conversum est retrorsùm judicium et jusce titia longé stetit ; quia corruit in platea veritas, et aequitas non poa tuit ingredi s.
Dans cette corruption presque universelle, que l'intérêt a faite dans
l. Jerem. v, I, 2. — î. Salv., lib. IV De gubern. Dei, n. 14, pag. 87- 3. Is. LIX, 14.
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le monde ; si ceux que Dieu a mis dans les grandes places n'appliquent toute leur puissance à soutenir la justice, la terre sera désolée, et les fraudes seront infinies. 0 sainte réformation de l'état de la justice, ouvrage digne du grand génie du monarque qui nous honore de son audience, puisses-tu être aussi heureusement accomplie que tu as été sagement entreprise! Il n'y a rien, Messieurs, de plus nécessaire au monde que de protéger hautement, chacun autant qu'on le peut, l'intérêt de la justice : car il faut ici confesser que la vertu est obligée de marcher dans des voies bien difficiles, et que c'est une espèce de martyre que de se tenir régulièrement dans les termes du droit et de l'équité. Celui qui est résolu de se renfermer dans ses bornes, se met si fort à l'étroit, qu'à peine se peut-il aider : et il ne faut pas s'étonner s'il demeure court ordinairement dans ses entreprises , lui qui se retranche tout d'un coup de la moitié des moyens, en s'ôtant ceux qui sont mauvais, et c'est-à-dire assez souvent les plus efficaces.
Car qui ne sait, Chrétiens, que les hommes pleins d'intérêts et de passions veulent qu'on entre dans leurs sentiments? Que fera ici cet homme si droit, qui ne parte que de son devoir? que fera-t-il, Chrétiens, avec sa froide et impuissante irrégularité? Il n'est ni assez souple, ni assez flexible pour ménager la faveur des hommes : il y a tant de choses qu'il ne peut pas faire, qu'à la fin il est regardé comme un homme qui n'est bon à rien, et qui est entièrement inutile. En effet écoutez, Messieurs, comme en parlent les hommes du monde dans le livre de la Sapience : « Circumveniamus justum, quoniam muet tilis est nobis • : » « Trompons, disent-ils, l'homme juste : » remarquez cette raison; « parce qu'il nous est inutile : >* il n'entre point dans nos négoces, il s'éloigne de nos détours, il ne nous est d'aucun usage. Ainsi, comme vous voyez, à cause qu'il est inutile, on se résout facilement à le mépriser, ensuite à le laisser périr, sans en faire bruit, et même à le sacrifier à l'intérêt du plus fort, et aux pressantes sollicitations de cet homme de grand secours, qui n'épargne rien, ni le saint, ni le profane, pour nous servir. Mais pourquoi nous arrêter davantage sur une chose si claire? Il est aisé de comprendre que l'homme injuste, qui met tout en œuvre, qui entre dans tous les desseins, qui fait jouer les passions et les intérêts, ces deux grands ressorts de la vie humaine, est plus actif, plus pressant, plus prompt; et ensuite, pour l'ordinaire, qu'il réussit mieux que le juste, qui ne sort point de ses règles, qui ne marche qu'à pas comptés, qui ne s'avance que par mesure.
Levez-vous, puissances du monde; voyez comme la justice est contrainte de marcher par des voies serrées : secourez-la, tendez-lui la main; faites-vous honneur, c'est trop peu dire, déchargez votre âme, et délivrez votre conscience en la protégeant : la vertu a toujours assez d'affaires pour se maintenir au dedans contre tant de vices qui l'attaquent ; défendez-la du moins contre les insultes du dehors, a C'est pour cela, dit le grand pape saint Grégoire, que la puissance a
t. Sap. il, 19.
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été donnée à nos maîtres, afin que ceux qui veulent le bien soient aidés, et que les voies du ciel soient dilatées : » « Ad hoc enim potestas « super omnes hommes dominorum meorum pietati cœlitus data est, « ut qui bona appetunt , adjuventur , ut cœlorum via largiùs pa- <c teat '. » Ainsi leur conscience les oblige à soutenir hautement le bon droit et la justice : car il est vrai que c'est la trahir, que de travailler foiblement pour elle, et l'expérience nous fait assez voir qu'une résistance trop molle ne fait qu'affermir le vice et le rendre plus audacieux. Les méchants n'ignorent pas que leurs entreprises hardies leur attirent nécessairement quelques embarras ; mais après qu'ils ont essuyé une légère tempête, que la clameur publique a fait élever contre eux, ils pensent avoir payé tout ce qu'ils doivent à la justice : ils défient après cela le ciel et la terre, et ne profitent de cette disgrâce que pour mieux prendre dorénavant leurs précautions. Ainsi , il faut résister à l'iniquité avec une force invincible; et nous pouvons bien le publier devant un roi si juste et si ferme, que c'est dans cette vigueur à maintenir la justice que réside la grandeur et la majesté.
J'ai remarqué deux éloges que l'Ecriture donne au roi Salomon au commencement de son règne; elle dit ces mots : « Salomon s'assit dans le trône du Seigneur, en la place de David son père, et il plut à tous : » a Sedit Salomon super solium Domini , pro David pâtre a suo, et cunctis placuit 2. » Remarquons ici en passant, Messieurs, que le trône royal appartient à Dieu, et que les rois ne le remplissent qu'en son nom. C'est une chose bien magnifique pour les rois, et qui nous oblige à les révérer avec une espèce de religion, mais par laquelle aussi Dieu les avertit d'exercer saintement et divinement une autorité divine et sacrée. Mais revenons à Salomon : il s'assit donc, dit l'Écriture, dans le trône du Seigneur, en la place de David son père, et il plut à tous : c'est la première peinture que nous fait le Saint-Esprit de ce grand prince. Mais après qu'il eut commencé de gouverner ses affaires, et qu'on le vit appliqué à faire justice à tout le monde avec grande connaissance, la même Ecriture relève son style, et parle de lui en ces termes : « Tout Israël entendit que le roi jugeoit droitement, et ils craignirent le roi, voyant que la sagesse de Dieu étoit en lui pour rendre justice : » a Audivit itaque omnis Israël * judicium quod rex judicasset, et timuerunt regem, videntes sapien- « tiam Dei esse in eo ad faciendum judicium3. » Sa mine haute et relevée le faisait aimer; sa justice le fait craindre de cette crainte de respect qui ne détruit pas l'amour, mais qui le rend plus retenu et plus circonspect. Les bons respiroient sous sa protection ; et les méchants appréhendoient son bras et ses yeux, qu'ils voyoient si éclairés et si appliqués tout ensemble à connoître la vérité. La sagesse de Dieu étoit en lui, et l'amour qu'il avoit pour la justice lui faisoit trouver les moyens de la bien connoître : c'est la seconde qualité que la jus-
1. Epist. lxv, ad Maorie, Aug., tom. II, p. 676. — 2. / Par. xxix. 23. 3. /// Reg. ni, 28.
tice demande; et j'ai promis aussi de la traiter dans ma deuxième partie.
DEUXIÈME POINT
Avant que Dieu consumât par le feu du ciel ces villes abominables dont le nom même fait horreur, nous lisons dans la Genèse qu'il parla en cette sorte : « Le cri contre l'iniquité de Sodome et de Gomorrhe s'est augmenté, et leurs crimes se sont aggravés jusqu'à l'excès. Je descendrai et je verrai s'ils ont fait selon la clameur qui est venue contre eux jusqu'à moi; ou si leurs œuvres sont contraires, afin que je le sache au vrai : a Clamor Sodomorum et Gomorrhse multiplicatus « est, et peccatum eorum aggravatum est nimis. Descendam et videbo a utrum clamorem, qui venit ad me, opère compleverint; an non est « ita, ut sciam |;. Saint Isidore de Damiette, et après lui le grand pape saint Grégoire, ont fait, cette belle observation sur ces paroles 2. Encore qu'il soit certain que Dieu, du haut de son trône, non-seulement découvre tout ce qui se fait sur la terre, mais encore prévoie dès l'éternité tout ce qui se développe par la révolution des siècles, toutefois, disent ces grands saints, voulant obliger les hommes de s'instruire par eux-mêmes de la vérité, et de n'en croire ni les rapports, ni même la clameur publique, cette sagesse infinie se rabaisse jusqu'à dire: a Je descendrai et je verrai; » afin que nous comprenions quelle exactitude nous est commandée pour nous informer des choses au milieu de nos ignorances, puisque celui qui sait tout fait une si soigneuse perquisition, et vient en personne pour voir. C'est, Messieurs, en cette sorte que le Très-Haut se rabaisse pour nous enseigner; et il donne par ces paroles deux instructions importantes à ceux qui sont en autorité. Premièrement, en disant : a Le cri est venu à moi,» il leur montre que leur oreille doit être toujours ouverte, toujours attentive à tout; mais en ajoutant après: « Je descendrai et je verrai,» il leur apprend qu'à la vérité ils doivent tout écouter, mais qu'ils doivent rendre ce respect à l'autorité que Dieu a attachée à leur jugement, de ne l'arrêter jamais qu'après une exacte information et uc sérieux examen.
Ajoutons, s'il vous plaît, Messieurs, qu'encore ne suffit-il pas de recevoir ce qui se présente; il faut chercher de soi-même et aller auievant de la vérité, si nous voulons la connoître et la découvrir : car les hommes, et surtout les grands, ne sont pas si heureux que la eérité aille à eux d'elle-même, ni de droit fil, ni d'un seul endroit; il ne faut pas qu'ils se persuadent qu'elle perce tous les obstacles qui les environnent, pour monter à cette hauteur où ils sont placés : mais plutôt il faut qu'ils descendent, pour la chercher elle-même. C'est pourquoi le Seigneur a dit : «Je descendrai et je verrai; » c'est-à-dire