Apoc. vi, 15. — 7. Matth. xxiv
l'homme paroltra dans le ciel, et tous les peuples de la terre seront dans les pleurs et dans les gémissements, et ils verront le Fils de l'homme qui viendra sur les nuées du ciel avec une grande puissance et une grande majesté. »
Méditons attentivement quelle prise nous donnons sur nous à la justice de Dieu- par le mépris outrageux de ses bontés infinies. Qui donne, a droit d'exiger : il exige des reconnoissances : s'il ne trouve par de reconnoissances, il exigera des supplices : il ne perd pas ses droits. Les grâces que vous méprisez préparent une éternité bienheureuse. « La grâce, dit le Sauveur, est une fontaine d'eau jaillissante : » «Fons aquae a salientis'. » Quand donc vous êtes touchés, quand vous ressentez quelquefois un certain mépris de cette pompe du monde qui s'évanouit, a de la figure qui passe7,» de ses fleurs qui se flétrissent du matin au soir; quand, dégoûté de vous-même et de votre vie déréglée, vous regardez avec complaisance les chastes attraits de la vertu; vous vous écriez dans l'amertume de votre cœur : 0 chasteté ! ô modestie ! ô pudeur passée ! ô tendresse de conscience qui ne pouvoit souffrir aucun crime ! O sainte timidité, gardienne de l'innocence! Mais ô force à faillir! ô hardiesse pour s'excuser ! ô lâche abandon d'un cœur corrompu et livré à ses désirs! Que veut le Seigneur votre Dieu, sinon que vous vous attachiez fortement à lui, et qu'en vous y attachant vous viviez heureux? C'est pour cela que Jésus-Christ est venu au monde « plein de grâce et de vérité3. » C'est pour cela qu'il nous a donné tant de saintes instructions, qu'il ne cesse de renouveler par la bouche de ses ministres. C'est pour cela qu'il a rempli tous ses sacrements d'une influence de vie, afin qu'y participant nous vivions. Si nous savons profiter de tous ces bienfaits, nous acquerrons par sa grâce un droit éternel sur luimême pour le posséder en paix. Que si nous les méprisons, qui ne voit que nous lui donnons réciproquement un titre très-juste pour nous châtier par des supplices autant inouïs que ses bontés étoient extraordinaires? a Comme le Seigneur s'est réjoui en vous faisant du bien, ainsi il se réjouira en vous ravageant et en vous renversant de fond en comble : » « Sicut laetatus est Dominus bene vobis faciens vosque mul- « tiplicans; sic laetabitur subvertens atque disperdens. *
Et en effet il est juste qu'il mesure sa colère à ses bontés et à nos ingratitudes, et que sa fureur implacable parce d'autant de traits un cœur infidèle, que son amour bienfaisant avoit employé d'attraits, pour le gagner. C'est pourquoi il ne faut passe persuader que les grâces de Dieu périssent : non, mes Frèrc-s, ne le pensons pas. Ces grâces que nous rejetons, Dieu les rappelle à lui-même; Dieu les ramasse en son sein, où sa justice les change en traits pénétrants dont les ingrats seront percés. Ils connoîtront, les misérables, ce que c'est que d'abuser des bontés d'un Dieu, de forcer son inclination bienfaisante, de le contraindre à devenir cruel et inexorable, lui qui ne vouloit être que libéral et bienfaisant. Dieu ne cessera de les frapper de cette main souveraine et viotorieuse dont ils ont injurieusement refusé les dons,