Pelr. H
«. Âitud. S. Cyril. Alex. coût. JuL, tom. VI . p. 24$.
ont eu honte : ils ont tâché de renfermer la miséricorde du Sauveur dans le baptême, ôtant tout remède à ceux qui n'avoient pas profité de celui-là. L'Église les a condamnés ; et la miséricorde qu'elle prêche est si grande, qu'elle ouvre encore une entrée pour le salut à ceux qui ont violé la sainteti^ du baptême, et souillé le temple de Dieu en euxmêmes. Restreignons ^ous donc du moins, et ne donnons qu'une seule, fois la pénitence, comme on faisoit dans les premiers temps. Non, mes Frères, la miséricorde de Jésus-Christ va encore plus loin; il n'a point mis de bornes à la rémission des péchés. Il a dit sans restriction : a Tout ce que vous remettrez, tout ce que vous délierez '. » Il a dit à tous ses ministres, en la personne de saint Pierre : «Vous pardonnerez non-seulement sept fois, mais jusqu'à sept fois septante fois^ » C'est que le prix de son sang est infini : c'est que l'efficace de sa mort n'a point de bornes : et c'est là aussi le grand scandale qui paroît tous les jours dans Israël : on dit, je pécherai encore, parce que j'espère faire pénitence. Que ce discours est insensé! sans doute faire pénitence, ce n'est autre chose que se repentir. Quand on croit qu'on se repentira de quelque action, c'est une raison pour ne la pas faire. Si vous faites cela, dit-on tous les jours, vous vous en repentirez. Mais à l'égard de Dieu, le repentir devient l'objet de notre espérance : et l'cxi ne craint point de pécher, parce que qu'on espère de se repentir un joar. Ilfalloit donc encore que cette absurde pensée fût révélée à la venue de Jésus- Christ : « Ut revelentur cogitationes. >> Mais, chrétien, tu n'y penses pas quand tu dis que tu feras pénitence et que tu te repentiras, et que tu fais servir ce repentir futur à ta licence : tu renverses la nature, tu introduis un prodige dans le monde. C'est en effet que ton repentir ne sera pas un repentir véritable, mais une erreur dont tu te flatteras dans ton crime.
Tremblez donc, tremblez, mes Frères, et craignez qu'en abusant de l'esprit de la pénitence pour vous autoriser dans vos péchés, vous ne commettiez à la fin ce péché contre le Saint-Esprit, qui ne se remet ni en ce monde ni en l'autre. Car enfin s'il est véritable qu'il n'y a point de péché que le sang de Jésus-Christ ne puisse effacer, et que sa miséricorde ne puisse remettre; il n'est pas moins véritable qu'il y en aura un qui ne sera jamais remis : et comme vous ne savez pas si ce ne sera point le premier que vous commettrez, et qu'il y a au contraire grand sujet de craindre que Dieu se lassera de vous pardonner, puisque toujours vous abusez de son pardon, craignez tout ce que fera une bonté rebutée, qui changera en supplices toutes les grâces qu'elle vous a faites. Venez contempler tous les mystères du Sauveur : regar dez l'endroit par où ils vous peuvent tourner à ruine, et celui par oi' ils vous peuvent être en consolation et en joie : et au lieu de regardei. sa bonté comme un titre pour l'offenser plus facilement, regardez-la comme un motif le plus pressant pour enflammer votre amour; afin ^que passant vos jours dans les consolations qui accompagnent la rémission des péchés, vous arriviez au bienheureux séjour, d'où le péché