‹ Œuvres choisies de Bossuet (volume 3)Chapitre 116 sur 221 · Matth. xni, 9. — 3. Ibid · texte numérisé non relu

Matth. xni, 9. — 3. Ibid

4. De Praed. SS., c. vin, n. 13, tom. X, col. 799. — 5. Ps. xxxvii, £2,

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coup dans l'exercice; ils ont plié d'abord dans le combat : ils gembloient animés quand on sonnoit de la trompette; ils ont tourné le dos tout à coup quand il a fallu venir aux mains : « Filii Ephrem, inten- « dentés et mittentes arcum, conversi sunt in die belli »

Dirai-je ici ce que je pense? De telles émotions, foibles, imparfaites, et qui se dissipent en un moment, sont dignes d'être formées devant un théâtre, où l'on ne joue que des choses feintes, et non devant las chaires évangéliques où la sainte vérité de Dieu parolt daus sa pureté.^ Car à qui est-ce qu'il appartient de toucher les cœurs, sinon à la vérité? C'est elle qui apparoltra à tous les cœurs rebelles au dernier jour; et alors on connoîtra combien la vérité est touchante, a En la voyant, dit le Sage, ils seront troublés d'une crainte horrible : » a Vi- « dentés turbabuntur timoré horribili * : » ils seront agités et angoissés; eux-mêmes se voudront cacher dans l'abîme. Pourquoi cette agitation , Messieurs? c'est que la vérité leur parle. Pourquoi cette angoisse? c'est que la vérité les presse. Pourquoi cette fuite précipitée? c'est que la vérité les poursuit. Ah ! te trouverons-nous toujours partout, ô vérité persécutante? oui, jusqu'au fond de l'abîme ils la trouveront : spectacle horrible à leurs yeux, poids insupportable sur leurs consciences, flamme toujours dévorante dans leurs entrailles. Qui nous donnera, Chrétiens, que nous soyons touchés de la vérité, de peur d'en être touchés de cette manière furieuse et désespérée?

ODieu, donnez efficace à votre parole. ODieu, vous voyez en quel lieu je prêche, et vous savez, ô Dieu, ce qu'il y faut dire. Donnez-moi des paroles sages ; donnez-moi des paroles efficaces, puissantes; donnez-moi la prudence; donnez-moi la force; donnez-moi la circonspection; donnez-moi la simplicité. Vous savez, ô Dieu vivant, que le zèle ardent qui m'anime pour le service de mon roi, me fait tenir à bonheur d'annoncer votre Évangile à ce grand monarque, grand véritablement, et digne par la grandeur de son âme de n'entendre que de grandes choses, qu'on ne lui inspire que de grands desseins pour son salut; digne, par l'amour qu'il a pour la vérité, de n'être jamais déçu. Sire, c'est Dieu qui doit parler dans cette chaire : qu'il fasse donc par son Saint-Esprit, car c'est lui seul qui peut faire un si grand ouvrage, que l'homme n'y paroisse pas; afin que Dieu y parlant tout seul, par la pureté de son Evangile, il fasse dieux tous ceux qui l'écoutent, et particulièrement Votre Majesté, qui ayant déjà l'honneur de le représenter sur la terre, doit aspirer à celui d'être semblable à lui dans l'éternité, en le voyant face à face, tel qu'il est, et selon l'immensité de sa gloire, que je vous souhaite, ou nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Amen.

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