Plin. Epist., lib. III, epist. xx.l
2. DeSerm. Dom., lib. II. n. 3, tora. III, part, ii, col. 20l.
peDsera la postérité qui ne les flattera plus quand la mort les aura égalés au reste des hommes; et comme la gloire véritable ne peut jamais être forcée , ils doivent en poser les fondements sur une vertu solide, qui s'attache à ne se démentir jamais, et à marcher constamment par les voies droites.
Mais encore qu'on puisse permettre à la vertu de se laisser exciter au bien par les louanges des hommes, c'est ravilir sa dignité et offenser sa pudeur que de l'en rendre captive. Car c'est, mes Frères, une chose assez remarquable que la pudeur et la modestie ne s'opposent pas seulement aux actions déshonnêtes, mais encore à la vaine gloire et à l'amour désordonné des louanges. Une personne honnête et bien élevée rougit d'une parole immodeste; un homme sage et modéré rougit de ses propres louanges. En l'une et l'autre rencontre la modestie fait baisser les yeux et monter la rougeur aa front, par un certain sentiment que la raison nous inspire; que comme le corps a sa chasteté, que l'impudicité corrompt, il y a une certaine intégrité de i'âme et de la vertu, qui appréhende d'être violée par les louanges : d'où vient à une âme bien née cette honte des louanges naturelle à la vertu; je dis à la vertu chrétienne, car on n'en connoît point d'autre en cette chaire. Il est donc de la nature de la vertu d'appréhender les louanges; et si vous pesez attentivement avec quelle précaution le Fils de Dieu l'oblige de se cacher : « Attendite ne justitiam vestram faciatis m. coram hominibus , ut videamini ab eis' . » « Prenez garde de ne faire pas vos bonnes œuvres devant les hommes pour en être regardés : » Voulez-vous prier dans le cabinet, fermez la porte. « Orationeoa tuam « fac esse mysterium*, » et ainsi des autres; voyez donc comme il élève la vertu : il la retire du monde, il la tient dans le cabinet et sous la clef, il la cache non-seulement aux autres, mais à elle-même; « il ne veut pas que la gauche sache l'aumône que fait la droite ';« enfin il la réserve pour les yeux du Père.
C'est pourquoi saint Jean Chrysostome compare la vertu chrétienne à une fille honnête et pudique , élevée dans la maison paternelle avec une merveilleuse retenue. On ne la mène pas, dit-il % au théâtre; on ne la produit pas dans les assemblées; elle n'écoute point les discours des hommes, ni leurs dangereuses flatteries; elle aime la retraite et la solitude, et se plaît à se cacher sous les yeux de Dieu, sous l'ombre de ses ailes et sous le secret de sa face; elle aime, dis-je, à se cacher, non par honte, mais par modestie. Car, mes Frères, ce n'est pas un moindre excès de cacher la vertu par honte, que de la produire par ostentation. Les hypocrites sont dignes et de blâme et de mépris tout ensemble, qui l'étaient avec art et pompeusement. Les lâches ne le sont pas moins qui rougissent de la professer, et lui donnent moins de liberté de paroître au jour, que le vice même ne s'en attribue. Ainsi la véritable vertu ne fuit pas toujours de se faire voir, mais jamais elle