i-2. eruaest. xxix.art. 5. — 2. Joan xv. M
nies reprend en vérité de leurs vices; et pendant que ses discours les convainquent, la haine de la vérité leur fait haïr celui qui l'annonce; ils s'irritent contre lui-même, ils l'appellent Samaritain et démoniaque; ils courent aux pierres pour le lapider, comme il se voit dans notre évangile. Il les presse encore de plus près, il leur porta jusqu'au fond du cœur la lumière de la vérité, conformément à cette parole : « La lumière est en vous pour un peu de temps, » a adhuc modicum lumen in vobis est' ; et ils la haïssent si fort cette vérité adorable, qu'ils en éteignent encore ce foible rayon, parce qu'ils cherchent la nuit «ntière pour couvrir leurs mauvaises œuvres. Dans cette aversion furieuse invétérée et opiniâtre qu'ils témoignent à la vérité, et parmi tant d'outrages qu'il lui font souffrir, n'a-t-il pas raison. Chrétiens, de leur faire aujourd'hui ce juste reproche : Si je vous dis la vérité, pourquoi refusez-vous de la croire? pourquoi une haine aveugle vous empêchet-elle de lui obéir ?
Mais il ne parle pas seulement aux Juifs, ses ennemis déclarés; son dessein principal est d'apprendre à ses serviteurs à aimer et respecter sa vérité sainte, en quelque endroit qu'elle leur paroisse. Quand il la regardent en leur Juge, qu'ils permettent qu'elle les règle : quand elle les reprend par les autres hommes, qu'ils souffrent qu'elle les corrige : quand elle leur parle dans leurs consciences, qu'ils consentent non-seulement qu'elle les éclaire , mais encore au'eUe les change et les convertisse : trois parties de ce discours.
PREMIER POINT
Comme ces lois primitives et invariables de vérité et de justice, qui sont dans l'intelligence divine, condamnent directement la vie des pécheurs, il est très-certain qu'ils les haïssent et qu'ils voudroient par conséquent les pouvoir détruire. La raison solide, c'est le naturel de la haine de vouloir détruire son objet, comme de l'amour de le conserver. Sans que vous donniez la mort à votre ennemi, vous le tuez déjà par votre haine, qui porte toujours dans l'âme une disposition d'homicide. C'est pourquoi l'apôtre dit : « Omnis qui odit fratrem suum homicida est '. » Il les compare à Caïn : il ne dit pas, celui qui trempe les mains dans son sang, ou qui enfonce un couteau dans son sein; mais celui qui le hait est homicide. C'est que le Saint-Esprit qui le guide n'arrête pas sa pensée à ce qui se fait au dehors : il va approfondissant les causes cachées, et c'est ce qui lui fait toujours trouver dans la haine une secrète intention de meurtre. Car si vous savez observer toutes les démarches de la haine, vous verrez qu'elle voudroit détruire partout ce qu'elle a déjà détruit dans nos cœurs; et les effets le font bien connoltre. Si vous haïssez quelqu'un, aussitôt sa présence blesse votre vue; tout ce qui vient de sa part vous fait soulever le cœur : se trouver avec lui dans le même lieu vous paroît une rencontre funeste. Au milieu de ces mouvements si vous ne réprimez votre cœur, il vous