Joan. 5. — 2. Jn Joan., homil. xxn, tom. VIII, p
3. Advers. Hserea., lib. III j haeres. lxxviu, n. 18, tom. I. pag. 1050.
qui assure a que cette première Eve est appelée dans la Genèse, Mère des vivants, en énigme; c'est-à-dire, ainsi qu'il l'expose lui-même, en figure, et comme étant la représentation de Marie. » A quoi j'auroif encore à ajouter un passage célèbre de saint Augustin , dans le livre de la sainte Virginité, où ce grand docteur nous enseigne que la Vierge. « selon le corps, est mère du Sauveur qui est notre chef; et selos l'esprit , des fidèles qui sont ses membres : » « Carne mater capitk a nostri, spiritu mater membrorum ejus' . » Mais d'autant que je me sens obligé de réduire en peu de mots ce que je me suis proposé de vous dire, afin de laisser le temps qui est nécessaire pour le reste du service divin, je passe beaucoup de choses que je pourrois tirer des saints Pères sur ce sujet; et sans examiner tous les titres par lesquels la sainte Vierge est appelée à bon droit la Mère des chrétiens, je tâcherai seulement de vous faire voir (et c'est à mon avis ce qui vous doit toucher davantage) qu'elle est mère par le sentiment; je veux dire qu'elle a pour nous une tendresse véritablement maternelle. Pour le comprendre, vous n'avez, s'il vous plaît, qu'à suivre ce raisonnement.
Ayant présupposé, et sur la foi de l'Eglise , et sur la doctrine des Pères , encore que je l'aie seulement touché en passant; ayant, dis-je, présupposé que Marie est véritablement notre mère, si je vousdemanc.ois, Chrétiens, quand elle a commencé à avoir cette qualité, vous me répondriez sans doute que Notre-Seigneur vraisemblablement la fit notre mère, lorsqu'il lui donna saint Jean pour son fils. En efîet, nous y trouvons toutes les convenances imaginables : car je vous ai avertis dès l'entrée de ce discours, et il n'est pas hors de propos de vous en faire ressouvenir, que saint Jean ayant été conduit par la main de Dieu au pied de la croix, y avoit tenu la personne de tous les fidèles; et j'en ai touché une raison qui me semble fort apparente : c'est, s'il vous en souvient, que tous les autres disciples de Notre-Seigneur ayant été dispersés, la Providence n'avoit retenu près de lui que le bienaimé de son cœur, afin qu'il y pût représenter tous les autres, et recevoir en leur nom les dernières volontés de leur Maître. Sur quoi considérant qu'il y a peu d'apparence que le, Fils de Dieu, dont toutes les paroles et les actions sont mystérieuses, en une occasion si importante ne l'ait considéré que comme un homme particulier, nous avons inféré, ce me semble avec beaucoup de raison, qu'il a reçu la parole qui s'adressoit à nous tous, que c'est en notre nom qu'il s'est mis incontinent en possession de Marie, et par conséquent c'est là proprement qu'elle est devenue notre mère.
Cela étant ainsi résolu, j'à' une autre proposition a vous faire. D'où vient, à votre avis, que Notie-Seigneur attend cette heure dernière, pour nous donner à Marie comme ses enfants? Vous me direz peutêtre qu'il a pitié d'une mère désolée qui perd le meilleur fils du monde, et que, pour la consoler, il lui donne une postérité éternelle. Cette raison est nonne et solide; mais j'en ai une autre à vous dire, que peut-être vous ne désapprouverez pas. Je pense que le dessein du Pil»