S im'i., Serm. cont. Auœ.^ n. 33, tom. II, col. S
teurs? Ont-ils donc oublié avec quelle force le souverain Pasteur leur interdit l'esprit de domination, et combien il leur recommande la douceur et la condescendance, dont il leur a donné de si grands exemples ?
Mais que prétendent les ecclésiastiques, qui, loin d'imiter le zèle da saint Sulpice, pour ruiner l'esprit du monde, semblent au contraire, par une vie toute profane, n'être appliqués qu'aie faire vivre, l'étendre et l'affermir? Croient-ils que, par des mœurs si opposées à celles de nos pères, ils se rendront plus recommandables dans le monde, qu'ils cultivent avec tant de soin? Mais ce monde même, dont ils veulent se montrer amis, et obtenir la considération, les méprise souverainement, parce qu'il sait quelle doit être la vie d'un ministre des autels; et, aveugles qu'ils sont, ils ne voient pas qu'il ne fait effort, pour les entraîner dans ses mœurs dépravées, qu'afin de les avilir et les dégrader, et de faire rejaillir ensuite, sur la religion qu'ils doivent maintenir, l'opprobre dont il les aura couverts. S'ils veulent donc vraiment se distinguer, qu'ils pensent sérieusement à se séparer de la multitude, par la sainteté d'une vie qui les élève autant au-dessus du commun des hommes, qu'ils leur sont supérieurs par l'éminence de leur caractère. « Car la dignité sacerdotale exige, de ceux qui en sont revêtus, une gravité de mœurs peu commune, une vie sérieuse et appliquée, une vertu toute singulière : » « Sobriam à turbis agravitatem, seriam vitani, singulare pondus, dignitas sibi vindicat a sacerdotalis'. » Sont-ils jaloux de soutenir en eux l'autorité du sacerdoce? qu'ils pensent à l'assurer par le mérite de leur foi et la sainteté de leur vie : « Dignitatis suae auctoritatem fidei et vitae meritis a quaerant 2. » Mais que jamais ils ne se fassent assez d'illusion, pour croire se rendre vénérables par une pompe extérieure, qui ne peut qu'éblouir les yeux des ignorants, et qui leur attire une amère critique de la part de ceux qui réfléchissent, a Le vrai ecclésiastique s'étudie à prouver sa profession par son habit, sa démarche et toute sa conduite : il n'a garde de chercher à se donner un faux éclat par des ornements empruntés : » « Clericus professionem suam , et in « habitu, et in incessu probet, et nec vestibus, nec calceamentis .( decorem quaerat ^. »
Voilà les leçons que les Pères et les conciles ont données aux ecclésiastiques, ou plutôt ils n'ont fait que renouveler celles que Jésus-Christ lui-même leur avoit laissées dans ses exemples. Qu'il nous exprime admirablement la simplicité de sa vie, lorsqu'il nous dit : a Les renards ont des tannières, et les oiseaux du ciel ont des nids et des retraites; mais le Fils de l'homme n'a pas où reposer sa tête! » «t Vulpes foveas habent, et volucres cœli nidos : Filius autem a hominis non habet ubi caput reclinet^ » Son dessein, en nous tenant ce discours, n'est pas d'exciter en nous des sentiments de