Eccli., xui, l. — 2. Luc, XJl
hommes par l'éclat de sa dignité, il les édifie, les excite, les enflamme tout ensemble par l'exemple de sa modération. Enfin, si ceux qu'if dirige se trouvent éclairés fort heureusement parses sages et salutaire? conseils, ils se sentent aussi vivement touchés par sa charmante dou' ceur; et c'est ce que je me propose de vous expliquer dans les trois pa.rties de ce discours.
PREMIER POINT
Plusieurs considèrent Jésus-Christ comme un sujet de recherches curieuses, et pensent être des savants dans son Ecriture, quand ils y ont rencontré, ou des questions inutiles, ou des rêveries agréables. François de Sales, mes Sœurs, a cherché une science qui tendît à la piété , et afin que vous entendiez dans le fond et de quelle sorte Jésus-Christ veut être connu, remontez avec moi jusqu'au principe.
Il y a deux temps à distinguer, qui comprennent tout le mystère du christianisme : il y a le temps des énigmes, et ensuite le temps de la claire vue; le temps de l'obscurité, et après, celui des lumières : enfin le temps de croire, et le temps de voir. Cette distinction étant supposée, tirons maintenant cette conséquence. Dans le temps de la claire vue, c'est alors que les esprits seront satisfaits par la manifestation de la vérité; car a nous verrons Dieu face à face : » « Videbi- « mus facie ad faciem' : » et là, découvrant, sans aucun nuage, la vérité dans sa source, nous trouverons de quoi contenter toutes nos curiosités raisonnables. Maintenant quelle est notre connoissance ? connoissance obscure et enveloppée, qui nous fait entrevoir de loin quelques rayons de lumière, à travers mille nuages épais; connoissance par conséquent, qui n'a pas été destinée pour nous satisfaire, mais pour nous conduire, et qui est plutôt pour le cœur que pour l'esprit. Et c'est ce qui a fait dire au divin Sauveur : « Beati mundo oc corde, quoniam ipsi Deum videbunt ^ : 31 «Bienheureux ceux qui ont le cœur pur, parce qu'ils verront Dieu. » « Videbunt; » ils verront un jour, et alors ce sera le temps de satisfaire l'esprit, maintenant c'est le temps de travailler pour le cœur, en le purifiant par le saint amour; et ce doit être tout l'objet de notre science.
Approfondissons davantage cette matière importante, et apprenons, par les saintes Lettres, quelle est la science de cette vie. L'aDÔtre saint Pierre la compare à un flambeau allumé parmi les ténèbres : « Lucernse ardenti in caliginoso loco ^. » Traduisons mot à mot ces belles paroles : « C'est une lampe allumée dans un lieu obscur. » Plus la nuit qui nous environne, est obscure, plus il est nécessaire que la lumière qui nous éclaire soit vive, pour en pénétrer les ténèbres : mais plus les difficultés du chemin sont grandes, plus il faut de courage pour les surmonter, plus nous avons besoin d'être animés par l'éclat de la lumière qui nous dirige : c'est pourquoi si ce flambeau a