Ibid., et pag. 227. — ^ Burn., 2 part., liv. I, pag
glées au parlement !. On en fit autant de la liturgie, ou du service public, et de toute l'administration des sacrements. En un mot, tout étoit soumis à la puissance royale; et en abolissant l'ancien droit, le parlement devoit faire encore le nouveau corps de canons 2. Tous ces attentats étoient fondés sur la maxime dont le parlement d'Angleterre s'étoit fait un nouvel article de foi, « qu'il n'y avoit point de juridiction, soit séculière, soit ecclésiastique, qui ne dût être rapportée à l'autorité royale, comme à sa source3. »
Il n'est pas ici question de déplorer les calamités de l'Église mise en servitude, et honteusement dégradée par ses propres ministres. Il s'agit de rapporter des faits, dont le seul récit fait assez voir l'iniquité. Un peu après, le roi déclara a qu'il alloit faire la visite de son royaume, et défendoit aux archevêques et à tous autres d'exercer aucune juridiction ecclésiastique tant que la visite dureroit 4. » Il y eut une ordonnance du roi pour se faire recommander dans les prières publiques « comme le souverain chef de l'Église anglicane ; et la violation de cette ordonnance emportoit la suspension, la déposition et l'excommunication s. » Voilà donc avec les peines ecclésiastiques tout le fond de l'autorité pastorale usurpé ouvertement par le roi, et le dépôt le plus intime du sanctuaire arraché à Tordre sacerdotal, sans même épargner celui de la foi , que les apôtres avoient laissé à leurs successeurs.
Je ne puis m'empêcher de m'arrêter ici un moment, pour considérer les fondements de la réformation anglicane, et cet «ouvrage de lumière » de M. Burnet, « dont on fait l'apologie en écrivant son histoire. » L'Église d'Angleterre se glorifie plus que toutes les autres de la réforme, de s'être réformée selon l'ordre, et par des assemblées légitimes. Mais pour y garder cet ordre dont on se vante, le premier principe qu'il falloit poser étoit que les ecclésiastiques tinssent du moins le premier rang dans les affaires de la religion. Mais on fit tout le contraire; et dès le temps de Henri VIII « ils n'eurent plus le pouvoir de s'en mêler sans son ordre 6. » Toute la plainte qu'ils en firent fut qu'on les faisoit déchoir a de leur privilège; » comme si a se mêler de la religion » étoit seulement un privilège, et non pas le fond, et l'essence de l'ordre ecclésiastique.
Mais on pensera peut-être qu'on les traita mieux sous Edouard, lorsqu'on entreprit la réformation, d'une manière que M. Burnet croit bien plus solide. Tout au contraire : ils demandèrent comme une grâce au parlement, « du moins que les affaires de la religion ne fussent point réglées sans que l'on eût pris leur avis, et écouté leurs raisons 3. » Quelle misère de se réduire à être écoutés comme simples consulteurs, eux qui le doivent être comme juges, et dont Jésus-Christ a dit: a Qui yous écoute, m'écoute 8! » Mais « cela, » dit notre historien, ce ne leur réussit pas. » Peut-être qu'ils décideront du moins sur la foi dont ils sont les prédicateurs. Nullement. Le conseil du roi résolut ce d'envoyer
l, Burn, 2part.,liv. I, pag 212, 216, 217.— 2. Ibid., pag. 213,214.
- &&-, pag. 63. — 4. Ibid., pag. 37. — 5. Ibid., pag. 41. —6. Ibid., pag. 72.