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foi donnent toutes unanimement deux seules marques de vraie église, « la pure prédication de la parole de Dieu, et l'administration des sacrements selon l'institution de Jésus-Christ1 : » c'est pourquoi la Confession de foi de nos prétendus réformés a conclu que dans l'Église romaine, « d'où la pure vérité de Dieu étoit bannie, et où les sacrements étoient corrompus, ou anéantis du tout, à proprement parler il n'y avoit aucune église2. » Mais notre ministre nous apprend qu'il ne faut pas prendre ces expressions à la rigueur3, c'est-à-dire qu'il y a beaucoup d'exagération et d'excès dans ce que la réforme avance contre nous.
Il est pourtant curieux de voir comment le ministre se défendra de ces deux marques de la vraie Église si solennelles dans tout le parti protestant, a 11 est vrai, » dit-il4, «nous le posons; nous, » c'est-à-dire, nous autres protestants: mais pour moi, « je tournerois, poursuit-ii, la chose autrement, et je dirois que pour connoître le corps de l'Église chrétienne et universelle en général, il ne faut qu'une marque; c'est la confession du nom de Jésus-Christ, le vrai Messie et le rédempteur du genre humain. »
Ce n'est pas tout : car après avoir trouvé les marques du corps de l'Église universelle, « il faut trouver celles de l'âme, afin qu'on puisse savoir en quelle partie de cette Église Dieu se conserve des élus5.» C'est ici, répond le ministre, qu'il faut « revenir à nos deux marques, la pure prédication et la pure administration des sacrements6. » Toutefois qu'on ne s'y trompe pas : « il ne faut pas prendre cela dans un sens de rigueur. » La prédication est assez pure pour sauver l'essence de l'Église quand on conserve les vérités fondamentales, quelque erreur qu'on ajoute par-dessus : les sacrements sont assez purs, malgré « les additions : » ajoutons suivant le principe que nous venons de voir, malgré les soustractions « qui les gâtent; » puisqu'au milieu de tout cela le fond subsiste, et que « Dieu applique à ses élus ce qu'il y a de bon, empêchant que ce qui est de l'institution humaine ne leur nuise, et ne les perde. » Concluons donc avec le ministre qu'il ne faut rien prendre à la rigueur de ce qui se dit sur ce sujet dans la Confession de foi, et qu'au reste l'Église romaine (luthériens et calvinistes, calmez votre haine), l'Église romaine, dis-je, tant haïe et tant condamnée, malgré toutes vos Confessions de foi et tous vos reproches, peut se glorifier d'avoir en un sens très- véritable, et autant qu'il est nécessaire pour former les enfants de Dieu, « la pure prédication de sa parole, et la droite administration des sacrements. »
Si l'on dit que ces bénignes interprétations des Confessions de foi en anéantissent le texte, et qu'en particulier, dire de l'Église romaine que « la vérité en est bannie, » que les « sacrements y sont ou falsifiés, ou anéantis du tout, » et enfin qu'à proprement parler, « il n'y a plus aucune Église', » sont choses bien différentes de ce qu'on vient d'en-
1. Préj. lég., pag. 24. — n Art. 28. — 3. Prej. lég., pag. 135.
4. Ibid., pag. 25 ; Syst , pag. 21 d. — 5. Art. 28. — 6. Préj. lég., pag. 25.