‹ Œuvres choisies de BossuetChapitre 177 sur 210 · Conc. Const., sess. vin · texte numérisé non relu

Conc. Const., sess. vin

4. Luth., De sacr. bapt., tom. I; Mel. Loc. comm., cap. De bapt. ; Calv. Inst., lib. IV, 15, 19, etc. ; Casaub. Not. in Matth., iku S ; Grot... ep. 336; Jur. Syst^ liv. III, ch. xx, pag. 083.

tême depuis plusieurs siècles, par conséquent plus d'Église ; puisque l'Église ne peut subsister sans la substance des sacrements : la substance de la cène n'y est pas moins nécessaire. Il y avoit donc la même raison de soutenir la communion sous une espèce, que de soutenir le baptême par infusion; et l'Église, en maintenant ces deux pratiques, que sa tradition faisoit voir également indifférentes, n'a fait, selon la coutume, que maintenir contre les esprits contentieux l'autorité sur laquelle se reposoit la foi des simples.

Qui en voudra voir davantage sur cette matière peut répéter les endroits de cette histoire où il en est parlé, et entre autres ceux où il paroît que la communion sous une espèce s'est établie avec si peu de contradiction, qu'elle n'a pas été combattue par les plus grands ennemis de l'Église, pas même par Luther au commencement1.

Après la question de l'eucharistie, l'autre question principale de nos controverses est celle de la justification : et l'on peut aisément entendre sur cette matière la gravité des décisions de l'Église catholique; puisqu'elle ne fait que répéter dans le concile de Trente ce que les Pères et saint Augustin avoient autrefois décidé, lorsque cette question fut agitée avec les pélagiens.

Et premièrement il faut supposer qu'il n'y a point de question entre nous, s'il taut reconnoître dans l'homme justifié une sainteté et une justice infuse dans l'âme par le Saint-Esprit; car les qualités et habitudes infuses sont, comme on a vu2, reconnues par le synode de Dordrect. Les luthériens ne sont pas moins fermes à les défendre ; et en un mot tous les protestants sont d'accord que par la régénération et la sanctification de l'homme nouveau, il se fait en lui une sainteté et une justice comme une habitude permanente: la question est de savoir si c'est cette sainteté et cette justice qui nous justifie devant Dieu. Mais où est l'inconvénient? une sainteté qui ne nous fasse pas saints, une justice qui ne nous fasse pas justes, seroit une subtilité inintelligible. Mais une sainteté et une justice que Dieu fît en nous, et qui néanmoins ne lui plût pas; ou qui lui fût agréable, mais ne rendît pas agréable celui où elle se trouveroit : ce seroit une autre finesse plus indigne encore de la simplicité chrétienne.

Mais au fond quand l'Église a défini, dans le concile de Trente, que la rémission des péchés nous étoit donnée non par une simple imputation de la justice de Jésus-Christ au dehors, mais par une régénération qui nous change et nous renouvelle au dedans, elle n'a fait que répéter ce qu'elle avoit autrefois défini contre les pélagiens dans le concile de Carthage : que * les enfants sont véritablement baptisés en la rémission des péchés; afin que la régénération purifiât en eux le péché, qu'ils ont contracté par la génération 3. »

Conformément à ces principes, le même concile de Carthage entend par a la grâce justifiante, non-seulement celle qui nous remet les pé-

1. Ci-dessus, liv. II, liv. III, liv. VII, liv. XI, liv. XIV, liv. XV.

Page 1