‹ Œuvres choisies de BossuetChapitre 197 sur 210 · Var.t liv. XV. — 2. Pré}, legit., 1 part*, ch. r, pn · texte numérisé non relu

Var.t liv. XV. — 2. Pré}, legit., 1 part*, ch. r, pn

Symbole? Point du tout : car après avoir rejeté, non -seulement la définition que nous donnons à cette Église catholique; mais encore cells que lui voudroient donner les protestants, la sienne est que « l'Église universelle ou catholique, a c'est » le corps de ceux qui font profession de croire Jésus-Christ le véritable Messie et le Rédempteur1 : corps, ajoute-t-il, divisé en un grand nombre de sectes, mais qui conserve une considérable partie, au milieu de laquelle se trouve toujours un nombre d'élus , qui croient véritablement, sincèrement et purement, tout ce que le corps en géiréral fait profession de croire. » On voit ici, selon son idée, le corps et l'âme de l'Église catholique : ce corps est ce grand nombre de sectes divisées, et néanmoins unies en ce point de croire « Jesus-Christ le véritable Messie et le Rédempteur : » ce qu'aussi il venoit de dire qu'on croyoit dans toutes les sectes, sans en excepter aucune : de sorte qu'ayant défini le corps de l'Église catholique confessée dans le Symbole par ce qui est commun à toutes les sectes , on voit qu'il les y met toutes, et par conséquent celle des sociniens comme les autres. Voilà donc les sociniens , non-seulement chrétiens , mais encore catholiques; et ce nom, autrefois si précieux et si cher aux orthodoxes , est prodigué jusqu'aux ennemis de la divinité du Fils de Dieu.

Le ministre nous répond ici, qu'il a mis les sociniens parmi les chrétiens, « comme il y a mis aussi les mahométans, qui croient que Jésus- Christ, fils de Marie, a été conçu du Saint-Esprit, et qu'il est le Messie promis aux Juifs2. » Mais il nous joue trop ouvertement, quand il parle ainsi. Car veut-il mettre les mahométans dans l'Église chrétienne? En sont-ils une véritable partie? Sont-ils compris dans cet article du Symbole : a Je crois l'Église catholique, » comme le ministre y vient de comprendre les sociniens? Et les comptera-t-il encore parmi les membres du corps de l'Église catholique? Je ne crois pas qu'il en vienne à cet excès : il faut pourtant y venir, ou cesser de nous faire accroire qu'il ne reçoit les sociniens dans le christianisme, qu'au même titre qu'il y reconnolt les mahométans.

Le ministre triomphe néanmoins, comme s'il m'a voit fermé la bouche, après ce bel exemple des mahométans; et joignant le dédain avec la colère : « Le sieur Bossuet, dit-il3, a lu cela; et après, il dit qu'à pleine bouche je mets les sociniens entre les communions véritablement chrétiennes, dans lesquelles on peut se sauver : il ne faut que ce seul article et ce seul exemple pour ruiner la réputation de la bonne foi de cet auteur. » Mais c'est vainement qu'il s'emporte ; et on va voir clairement, pourvu qu'on veuille se donner la peine de considérer sa doctrine, qu'il reconnoît des élus dans la communion des sociniens.

Il pose donc pour certain , que la parole de Dieu, partout où elle est, et partout où elle est prêchée, a son efficace pour la sanctification de quelques âmes, a II est impossible, dit-il2, que la parole de Dieu demeure absolument inefficace : » d'où il conclut que « la prédication

Page 1