Synt, gen., i part.; Conf. angl., art xvi, xvii, p
expressément révélée dans sa parole; » ce qui semble exclure cette certitude spéciale où on oblige chaque fidèle en particulier à croire, comme de foi, qu'il est du nombre des élus et compris dans ce décret absolu par lequel Dieu veut les sauver : doctrine qui en effet ne plaît guère aux protestants d'Angleterre ; quoique non-seulement ils la souffrent dans les calvinistes, mais encore que les députés de cette Église l'aient autorisée, comme nous verrons1, dans le synode de Dordrecht.
La reine Elisabeth favorisoit secrètement la disposition que ceux de France avoient à la révolte 2 : ils se déclarèrent à peu près dans le même temps que la réformation anglicane prit sa forme sous cette reine. Après environ trente ans, nos réformés se lassèrent de tirer leur gloire de leur souffrance: leur patience n'alla pas plus loin. Ils cessèrent aussi d'exagérer à nos rois leur soumission. Cette soumission ne dura qu'autant que les rois furent en état de les contenir. Sous les forts règnes de François Ier et de Henri II ils furent à la vérité fort soumis, et ne firent aucun semblant de vouloir prendre les armes. Le règne aussi foible que court de François II leur donna de l'audace : ce feu longtemps caché éclata enfin dans la conjuration d'Amboise. Cependant iî jestoit encore assez de force dans le gouvernement pour éteindre la flamme naissante: mais durant la minorité de Charles IX, et sous la régence d'une reine dont toute la politique n'alloit qu'à se maintenir par de dangereux ménagements , la révolte parut tout entière, et l'embrasement fut universel par toute la France. Le détail des intrigues et des guerres ne me regarde pas; et je n'aurois même point parlé de ces mouvements, si , contre toutes les déclarations et protestations précédentes, ils n'avoient produit dans la réforme cette nouvelle doctrine, qu'il est permis de prendre les armes contre son prince et sa patrie pour la cause de la religion.
On avoit bien prévu que les nouveaux réformés ne tarderoient pas à en venir à de semblables attentats. Pour ne point rappeler ici les guerres des albigeois, les séditions des vicléfltes en Angleterre, et les fureurs des taborites en Bohême, on n'avoit que trop vu à quoi avoient abouti toutes les belles protestations des luthériens en Allemagne. Les ligues et les guerres au commencement détestées , aussitôt que les protestants se sentirent, devinrent permises, et Luther ajouta cet article à son Évangile. Les ministres des vaudois avoient encore tout nouvellement enseigné cette doctrine; et la guerre fut entreprise dans les Vallées contre les ducs de Savoie, qui en étoient les souverains 3. Les nouveaux réformés de France ne tardèrent pas à suivre ces exemples, et on ne peut pas douter qu'ils n'y aient été engagés parleurs docteurs.
Pour la conjuration d'Amboise, tous les historiens le témoignent; et Bèze même en est d'accord dans son Histoire ecclésiastique. Ce fut sur l'avis des docteurs que le prince de Condé se crut innocent, ou fit semblant de le croire ; quoiqu'un si grand attentat eût été entrepris sous ses ordres. On résolut dans le parti de lui fournir « hommes et