Liv. XIV. — 2, Burn., liv. III, pag
3. Thuan., lib. XXVII, 1560, tom. II, p. 17; La Poplin., liv. VII, pag. 246, 255.
argent, » afin que « la force lui demeurât: » de sorte qu'il ne s'agissoit de rien moins, après l'enlèvement violent des deux Guises dans le propre château d'Amboise où le roi étoit, que d'allumer dès lors dans tout le royaume le feu de la guerre civile l. Tout le gros de la réforme entra dans ce dessein; et la province de Saintonge est louée par Bèze en cette occasion, «d'avoir fait son devoir comme les autres2. » Le même Bèze témoigne un regret extrême de ce qu'une si juste entreprise a manqué, et en attribue le mauvais succès à la déloyauté de quelques-uns.
Il est vrai qu'on voulut donner à cette entreprise, comme on a fait à toutes les autres de cette nature, un prétexte de bien public, pour y attirer quelques catholiques, et sauver à la réforme l'infamie d'un tel attentat. Mais quatre raisons démontrent que c'étoit au fond une affaire de religion, et une entreprise menée par les réformés. La première est qu'elle fut faite à l'occasion des exécutions de quelques-uns du parti; et surtout de celle d'Anne du Bourg, ce fameux prétendu martyr. C'est après l'avoir racontée avec les autres mauvais traitements qu'on faisoit aux luthériens (alors on nommoit ainsi toute la réforme) que Bèze fait suivre l'histoire de la conspiration ; et à la tête des motifs qui la firent naître, il met « ces façons de faire ouvertement tyranniques, et les menaces dont on usoit à cette occasion envers les plus grands du royaume : » .comme le prince de Condé et les Châtillons. C'est alors, dit-il, que a plusieurs seigneurs se réveillèrent comme d'un profond sommeil : d'autant plus, continue cet historien, qu'ils considéroient que les iois François et Henri n'avoient jamais voulu attenter à la personne des gens d'État (c'est-à-dire des gens de qualité), se contentant de battre le chien devant le loup ; et qu'on faisoit tout le contraire alors : qu'on devoit pour le moins, à cause de la multitude, user de remèdes moins corrosifs, et n'ouvrir pas la porte à un million de séditions. x>
En vérité l'aveu est sincère. Tant qu'on ne punit que la lie du peuple, les seigneurs du parti ne s'émurent pas, et les laissèrent traîner au supplice. Lorsqu'ils se virent menacés comme les autres, ils songèrent à prendre les armes, ou, comme parle l'auteur, « chacun fut contraint de penser à son particulier; et commencèrent plusieurs à se rallier ensemble, pour regarder à quelque juste défense, pour remettre sur l'ancien et légitime gouvernement du royaume. » Il failoit bien ajouter ce mot pour couvrir le reste; mais ce qui précède fait assez voir ce qu'on prétendoit, et la suite le justifie encore plus clairement. Car ces moyens de juste défense furent, que « la chose étant proposée aux jurisconsultes et gens de renom de France et d'Allemagne, comme aussi aux plus doctes théologiens, il se trouva qu'on se pouvoit légitimement opposer au gouvernement usurpé par ceux de Guise , et prendre les armes à un besoin pour repousser leur violence, pourvu que les princes du sang qui sont nés en tels cas légitimes magistrats, ou l'un
1. Thuan., 1560, tom. I, liv. XXIV, pag. 752; La Poplin., liv. VI ; Bèze, H%8t, icclés., liv. III, pag. 250, 254, 270,