‹ Œuvres choisies de BossuetChapitre 77 sur 210 · Ren., c. 5, pag · texte numérisé non relu

Ren., c. 5, pag

3. Lib. cont. Vald., c. l, tom. IV. Bibl. PP., 2 part., pag. 779. 6. Antiq., c. 25. Ib., 1168. — 5. Lb„. (170. — 6.Pylicd. ibid.

ce qu'ils disoient, par jalousie, et à cause que leur doctrine et leur saiute vie confondoient ses mœurs corrompues '.

Quelques protestants ont voulut dire que Valdo étoit un homme de savoir : mais Renier dit seulement « qu'il avoit quelque peu de littérature, aliquantulum litteratus2. » D'autres protestants, au contraire, tirent avantage du grand succès qu'il a eu dans son ignorance. Mais on ne sait que trop les adresses qui se peuvent souvent trouver dans les esprits les plus ignorants pour attirer leurs semblables : et Valdo n'a séduit que de telles gens.

Cette secte en peu de temps fit des progrès. Bernard, abbé de Fontcald, qui en a vu les commencements, en marque l'élévation sous le pape Lucius III3. Le pontificat de ce pape commence en 1181, c'est-àdire vingt ans après que Valdo eût paru dans Lyon. Il lui fallut bien vingt ans à s'étendre, et à faire un corps de secte qui méritât d'être regardé. Alors donc Lucius III les condamna : et comme son pontificat n'a duré que quatre ans, il faut que cette première condamnation des vaudois soit arrivée entre Tannée 1181 , où ce pape fut élevé à la chaire de saint Pierre, et Tannée 11.85, où il mourut.

Conrad, abbé d'Ursperg, qui a vu de près les vaudois, comme nous dirons, a écrit que le pape Lucius « les mit au nombre des hérétiques, à cause de quelques dogmes et observances superstitieuses4. » Jusques ici ces dogmes ne sont pas encore expliqués : mais on m'avouera que si les vaudois eussent nié des dogmes aussi remarquables que celui de la présence réelle, matière rendue si célèbre par la condamnation de Bérenger, on ne se seroit contenté de dire en gros qu'ils avoient « quelques dogmes superstitieux. »

Environ dans le même temps, en Tan 1194, une ordonnance d'Alphonse ou Ildephonse , roi d'Aragon, range les vaudois ou insabbatés, autrement les pauvres de Lyon, parmi les hérétiques anathématisés par l'Église, et c'est une suite manifeste de la sentence prononcée par Lucius III5. Après la mort de ce pape, comme malgré son décret ces hérétiques s'étendoient beaucoup, et que Bernard, archevêque de Narbonne, qui les condamna de nouveau après un grand examen, ne put arrêter le cours de cette secte; plusieurs personnes pieuses, « ecclésiastiques et autres, » procurèrent une conférence pour les ramener à l'amiable6. «On choisit de part et d'autre pour arbitre» de la conférence un saint prêtre nommé « Raimond de Daventrie, homme illustre par sanaissance, mais encore plus illustre par sa sainte vie.» L'assemblée fut solennelle, « et la dispute fut longue. » On produisit » le part et d'autre les passages de TËcriture dont on prétendoit s'appuyer. Les Vaudois furent condamnés, et déclarés hérétiques sur tous les chefs de l'accusation.

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