m., c. 5, tom. IV. Bib. PP., 2 part., pat
DES VARIATIONS, LIV. XI. 18i
faire en langue vulgaire; qu'un prêtre ne pouvoit pas consacrer en péché mortel1; que lorsqu'on communioit de la main d'un prêtre indigne « la transsubstantiation ne se faisoit pas dans la main de celui qui consacroit indignement, mais dans la bouche de celui qui recevoir dignement l'eucharistie; » qu'on pouvoit consacrer à la table commune, c'est-à-dire dans les repas ordinaires, et non-seulement dans les églises, conformément à cette parole de Malachie : « L'on me sacrifie en tout lieu, et on offre une oblation pure à mon nom 2; » ce qui montre qu'ils ne nioient pas le sacrifice ni l'oblation de l'eucharistie, et que s'ils rejetoient la messe, c'étoit à cause des cérémonies, la faisant uniquement consister dans « les paroles de Jésus-Christ récitées en langue vulgaire3. Par là on voit clairement qu'ils admettoient la transsubstantiation, et ne s'étoient éloignés en rien de la doctrine de l'Église sur le fond de ce sacrement; mais qu'ils disoient seulement qu'il ne pouvoit être consacré par de mauvais prêtres, et le pouvoit être par de bons laïques; selon ces maximes fondamentales de leur secte, que Renier ne manque pas de bien remarquer, «que tout bon laïque est prêtre, » et que « la prière d'un mauvais prêtre ne sert de rien1, » par où aussi ils prétendoient la consécration de ce mauvais prêtre inutile. On voit aussi en d'autres auteurs5, selon leurs principes, qu'un homme sans être prêtre, pouvoit consacrer, et pouvoit administrer le sacrement de pénitence, et que tous laïques, et même les femmes, dévoient prêcher.
Nous trouvons encore dans le dénombrement de leurs erreurs, tant chez Renier que chez les autres, ce qu'il n'est pas permis aux clercs (c'est-à-dire, aux ministres de l'Église) d'avoir des biens; qu'il ne falloit point diviser les terres, ni les peuples6,» ce qui vise à l'obligation de mettre tout en commun, et à établir comme nécessaire cette prétendue pauvreté apostolique dont ces hérétiques se glorifioient; que «tout serment est péché mortel; » que « tous les princes et tous les juges sont damnés7, parce qu'ils condamnent les malfaiteurs contre cette parole : «La vengeance m'appartient, dit le Seigneur8; » et encore : «Laissez-les croître jusqu'à la moisson9. » Voilà comme ces hypocrites abusoient de l'Écriture sainte, et avec leur feinte douceur renversoient tous les fondements de l'Église et des États.
On trouve cent ans après dans Pylicdorf une ample réfutation des vaudois article par article, sans qu'il paroisse dans leur doctrine la moindre opposition à la présence réelle ou à la transsubstantiation. Au contraire on voit toujours dans cet auteur, comme dans les autres, que les laïques de cette secte « faisoient le corps de Jésus-Christ 10, » quoique avec crainte et avec réserve dans le pays où il écrivoit11 : et en un
1. Ben., c. v, tom. IV. Bib. PP., 2 part, pag., 750. — 2. Malach. i, li. 3. Ren., c. v, tom. IV. Bib. PP., 2 part., pag. 750. — 4. Ibid., pag. 751.