Seyss., fol
2. Hist. des Vaudois c. t.— 3. lbid., liv. I, c. 7, p. 57. Htst. des Vaudois et ^ Albigeois, 2 part., liv. III, c 1, pag. 353.
discours pour être de 1120. Perrin se réduit aussi à conserver cette date au seul discours sur l'Antéchrist , qu'il espère par ce moyen pouvoir attribuer à Pierre de Bruis, qui vivoit environ en ce temps-là, ou à quelques-uns de ses disciples. Mais la date étant à la tête, semble devoir être commune; et par conséquent très-fausse pour le premierT comme elle l'est visiblement pour les autres. Et d'ailleurs ce traité sur l'Antéchrist, qu'on prétend être de 1120, n'est point d'un autre langage que les autres pièces des barbes que Perrin a citées; et ce langage est très-moderne, fort peu différent du provençal que nous connoissons. Non-seulement le langage de Villehardouin, qui a écrit cent ans après Pierre de Bruis, mais encore celui des auteurs qui ont suivi Villehardouin, est plus ancien et plus obscur que celui que l'on veut dater de l'an 1120; si bien qu'on ne peut se moquer du monde d'une façon plus grossière , qu'en nous donnant ces discours comme fort anciens.
Cependant sur cette seule date de 1120 mise, on ne sait par qui, ni en quel temps, dans ce volume vaudois que personne ne connoît, nos calvinistes ont cité ce livre de l'Antéchrist comme étant indubitablement de quelque disciple de Pierre de Bruis, ou de lui-même1. Les mêmes auteurs citent hardiment quelques discours que Perrin a cousus à celui sur l'Antéchrist comme étant de la même date de 1120, quoique dans un de ces discours où il est traité du purgatoire on cite un livre «que saint Augustin a intitulé, » desMilparlements7 , c'est-à-dire, des mille paroles : comme si saint Augustin a voit fait un livre de ce titre; ce qui ne se peut rapporter qu'à une compilation composée au treizième siècle, qui a pour titre Milleloquium sancti Augustini, que l'ignorant auteur de ce traité du purgatoire a pris pour un ouvrage de ce Père. Au surplus nous pourrions parler de l'âge de ces livres des vaudois, et des altérations qu'on y pourroit avoir faites, si on nous avoit indiqué quelque bibliothèque connue où on les pût voir. Jusqu'à ce qu'on ait donné au public cette instruction nécessaire, nous ne pouvons que nous étonner de ce qu'on nous produit comme authentiques des livres qui n'ont été vus que de Perrin seul; puisque ni Aubertin ni La Roque ne les citent que sur sa foi, sans nous dire seulement qu'ils les aient jamais maniés. Ce Perrin, qui nous les vante seul, n'y observe aucune des marques par lesquelles on peut établir la date d'un volume, ou en prouver l'antiquité, et il nous dit seulement que ce sont de «vieux livres des vaudois3;» ce qui en gros peut convenir aux plus modernes gothiques; et à des volumes de cent à six vingt» ans. 11 y a donc tout sujet de croire que ces livres, dont on nous fait voir ce qu'on veut sans aucune preuve solide de leur date, ont été composés ou altérés par ces vaudois réformés de la façon de Farei et de ses confrères.
Quant à la Confession de foi que Perrin a publiée, et que tous nos