Hist. des Vaud.% liv. I, c. 7, pag
protestants nous allèguent comme une pièce authentique des anciens vaudois, « elle est extraite, dit-il1, du livre intitulé : Almanach spirituel, et des Mémoires de George Morel. » Pour l'Almanach spirituel, je ne sais qu'en dire, si ce n'est que ni Perrin, ni Léger même, qui parle avec tant de soin des livres des vaudois, n'ont rien marqué de la date de celui-ci. Ils n'ont pas même pris la peine de nous dire s'il es' manuscrit ou imprimé; et nous pouvons tenir pour certain qu'il es; fort moderne, puisque ceux qui en veulent tirer avantage ne nous en ont pas marqué l'antiquité. Mais ce qui décide, c'est ce que rapporte Perrin : que cette confession de foi est extraite des Mémoires de George Morel. Or, il paroît par Perrin même que George Morel fut celui qui environ l'an 1530, tant d'années après la réforme, alla conférer avec Œcolampade et Bucer, des moyens de s'y unir2 : ce qui nous fait assez voir que cette Confession de foi, non plus que les autres que Perrin produit, n'est pas des anciens vaudois; mais des vaudois réformés à la mode des protestants.
Aussi avons-nous déjà remarqué qu'il ne fut fait nulle mention de Confession de foi des vaudois dans la conférence de 1530 des mêmes vaudois avec Œcolampade3. Nous pouvons même assurer qu'ils ne firent de Confession de foi que longtemps après; puisque Bèze, si soigneux de rechercher et de faire valoir les actes de ces hérétiques, ne parle, comme on a vu4, d'aucune Confession de foi qu'il en eût connue qu'en 1541. Quoi qu'il en soit, avant la réforme de Luther et de Calvin, on n'avoit jamais entendu parler de Confession de foi des vaudois. Séyssel, que la vigilance pastorale et l'obligation de sa charge engageoient dans ces derniers temps, c'est-à-dire en 1516 et en 1517, à une recherche si exacte de tout ce qui regardoit cette secte, ne nous dit pas un seul mot de Confession de foi5, c'est-à-dire qu'il n'en avoit rien appris, ni par un examen juridique, ni de ceux qui se convertissant entre ses mains avec tant de marques de sincérité, lui découvroient avec larmes et componction tout le secret de la secte. Ils n'avoient donc point encore alors de Confession de foi : il falloit apprendre leur doctrine par leurs interrogatoires, comme on a vu ; mais de Confession de foi, ni d'aucun écrit des vaudois, on n'en trouve pas un mot dans les auteurs qui les ont mieux connus. Au contraire les frères de Bohême, secte dont nous parlerons bientôt, et à laquelle les vaudois ont souvei.t tenté de s'unir et devant et après Luther, nous apprennent qu'ils n'écrivent rien, a Ils n'avoient jamais eu, disoient-ils% d'Église connue en Bohême; et nos gens ne savoient rien de leur doctrine, parce qu'ils n'en avoient jamais publié aucun écrit dont nous soyons assurés. »> Et dans un autre endroit : « Ils ne vouloient point qu'il y eut aucun témoignage public de leur doctrine7. » Que si Ton veut dire qu'ils n»
i. Ibid., liv. I, c. 12, pag. 79.
2. Lettre d'OEcolampade ; Perr , ib., c. 6. pag. k6; c. 7, pag. 59.