De eccl. fratr. in Boh. et Morav. Hist. Hesd
2. De orig. eccl. Boh. et Conf. ab iis edilù., Heid., an. 1605., cum. hist, Joac. Camer., pag. 173.
3. Hist,, pag. 105, etc.-, Budig. De eccl. fratr. in Boh. et Mor. mrr., p. 147.
« il est écrit dans les annales des frères, qu'ils ont toujours refusé constamment de faire union avec les vaudois, à cause qu'ils ne donnoient pas une pleine confession de leur foi. et participoient à la messe. »
Aussi voyons-nous que ces frères s'institulent dans tous leurs synodes et dans tous leurs actes, les frères de Bohême, « faussement appelés vaudois1. » Ils détestent encore plus le nom de picards : « Il y a bien de l'apparence , dit Rudiger 2, que ceux qui l'ont donné les premiers à nos ancêtres, l'ont tiré d'un certain Picard qui renouvelant l'ancienne hérésie des adamites, introduisent et des nudités et des actions infâmes; et comme cette hérésie pénétra dans la Bohême, environ le temps de l'établissement de nos Églises, on les déshonora par un si infâme titre, comme si nous n'eussions été que de misérables restes de cet impudique Picard. » On voit par là comme les frères rejettent ces deux origines, la picarde et la vaudoise : « Ils tiennent même à injure d'être appelés picards et vaudois3, » et si la première origine leur déplaît, la seconde, dont nos protestants se glorifient, leur paroît seulement un peu moins honteuse; mais nous allons voir maintenant que celle qu'ils se donnent eux-mêmes n'est guère plus honorable.
HISTOIRE DE JEAN VICLEF, ÀNGLOIS.
Ils se vantent d'être disciples de Jean Hus : mais pour juger de leur prétention, il faut encore remonter plus haut; puisque Jean Hus luimême s'est glorifié d'avoir eu Viclef pour maître. Je dirai donc en peu de paroles ce qu'il faut croire de Viclef, sans produire d'autres pièces que ses ouvrages, et le témoignage de tous les protestants de bonne foi.
Le principal de tous ses ouvrages, c'est le Trialogue, ce livre fameux qui souleva toute la Bohême et excita tant de troubles en Angleterre. Voici quelle en étoit la théologie : « Que tout arrive par nécessité ; qu'il a longtemps regimbé contre cette doctrine, à cause qu'elle étoit contraire à la liberté de Dieu, mais qu'à la fin il avoit fallu céder, et reconnoître en même temps que tous les péchés qu'on fait dans le monde sont nécessaires et inévitables4 : que Dieu ne pouvoit pas empêcher le péché du premier homme, ni le pardonner sans la satisfaction de Jésus-Christ; mais aussi qu'il étoit impossible que le Fils de Dieu ne s'incarnât pas, ne satisfit pas, ne mourût pas : que Dieu à la vérité pouvoit bien faire autrement, s'il eût voulu; mais qu'il ne pouvoit pas vouloir autrement; qu'il ne pouvoit pas ne point pardonner à l'homme : lue le péché de l'homme venoit de séduction et d'ignorance, et qu'ainsi 1 avoit fallu par nécessité que la sagasse divine s'incarnât pour le réparer* : que Jésus-Christ ne pouvoit pas sauver les démons, que leur péché étoit un péché contre le Saint-Esprit; qu'il eût donc fallu pour
(. In Synt. Sendom. Synt., 2 part., pag. 219. - 2. Rudig., ib., pag. 148.