‹ Œuvres choisies de BossuetChapitre 95 sur 210 · Apol., 1532, ap Lyd., tom. II, pag · texte numérisé non relu

Apol., 1532, ap Lyd., tom. II, pag

k. Lib. III, C. 7, 8, 23, pag. 56, 82, édit. 1525.— 5,Ibid., C. 24, 25, p lg. 85, etc.

les sauver que le Saint-Esprit se fût incarné, ce qui étoit absolument impossible; qu'il n'y avoit donc aucun moyen possible pour sauver les démons en général : que rien n'étoit possible à Dieu que ce qui arrivoit actuellement : que cette puissance qu'on admettoit pour les choses qui n'arrivoient pas est une illusion : que Dieu ne peut rien produire au dedans de lui qu'il ne le produise nécessairement; ni au dehors qu'il ne le produise aussi nécessairement en son temps : que lorsque Jésus-Christ a dit qu'il pouvoit demander à son Père plus de douze légions d'anges, il faut entendre qu'il le pouvoit s'il eût voulu; mais reconnoître en même temps qu'il ne pouvoit le vouloir1, que la puissance de Dieu étoit bornée dans le fond, et qu'elle n'est infinie qu'à cause qu'il n'y a pas une plus grande puissance' ; en un mot que le monde et tout ce qui existe est d'une absolue nécessité, et que s'il y avoit quelque chose de possible à qui Dieu refusât l'être, il seroit ou impuissant ou envieux; que comme il ne pouvoit refuser l'être à tout ce qui le pouvoit avoir, aussi ne pouvoit-il rien anéantir3 : qu'il ne faut point demander pourquoi Dieu n'empêche pas le péché, c'est qu'il ne peut pas; ni en général pourquoi il fait ou ne fait pas quelque chose, parce qu'il fait nécessairement tout ce qu'il peut faire4 : qu'il ne laisse pas d'être libre, mais comme il est libre à produire son Fils qu'il produit néanmoins nécessairement * : que la liberté qu'on appelle de contradiction, par laquelle on peut faire et ne pas faire, est un terme erroné introduit parles docteurs; et que la pensée que nous avons que nous sommes libres est une perpétuelle illusion, semblable à celle d'un enfant qui croît qu'il marche tout seul pendant qu'on le mène.: qu'on délibère néanmoins, qu'on avise à ses affaires, qu'on se damne; mais que tout cela est inévitable, aussi bien que tout ce qui se fait et ce qui s'omet dans le monde ou par la créature, ou par Dieu même6 : que Dieu a tout déterminé : qu'il nécessite tant les prédestinés que les réprouvés à tout ce qu'ils font, et chaque créature particulière à chacune de ses actions; que c'est de là qu'il arrive qu'il y a des prédestinés et des réprouvés; qu'ainsi il n'est pas au pouvoir de Dieu de sauver un seul des réprouvés7 : qu'il se moque de ce qu'on dit des sens composés et divisés, puisque Dieu ne peut sauver que ceux qui sont sauvés actuellement8 : qu'il y a une conséquence nécessaire qu'on pèche, si certaines choses sont : que Dieu veut que ces choses soient, et que cette conséquence soit bonne, parce que autrement elle ne seroit pas nécessaire; ainsi, qu'il veut qu'on pèche : qu'il veut le péché à cause du bien qu'il en tire; et qu'encore qu'il ne plaise pas à Dieu que Pierre pèche, le péché de Pierre lui plaît : que Dieu approuve qu'on pèche, qu'il nécessite au péché : que l'homme ne peut pas mieux faire qu'il ne fait : que les pécheurs et les damnés ne laissent pas d'être obliges à Dieu; et qu'il fait miséricorde aux damnés en leur donnant l'être, qui leur est plus utile et plus désirable que le non être : qu'à la vérité il

i. Ibid., c. 27, 1. I. c. 10, pag. 15; IbicL, c. Il, pag. 18. — 2. Ibid., c. 2.

3. Lib, III. c. 4; Ibid., c. 10, pag. 16. — 4. Ibid., c. 9. — 5. Lib. I, c. 10.

6. Ibid., lo, M. - 7. Lib. III, c. 9; lib. II, c. 14; lib. III, c. 4.

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