‹ Œuvres choisies de BossuetChapitre 97 sur 210 · Ibid., c. 17, 18, 19, 21t. — 4. Hist. de l'Euch · texte numérisé non relu

Ibid., c. 17, 18, 19, 21t. — 4. Hist. de l'Euch

6. Conc. Const., sess. 8,prop. 8, prop. 6-, Conc. Labb., tom. XII, col. 46.

Viclef : « qu'un roi cessoit d'être roi pour un péché mortel1. » Il y avoit assez d'autres livres de Viclef où elle se pouvoit trouver. En effet nous avons une Conférence entre les catholiques de Bohême et les calixtins, en présence du roi George Pogiebrac, oùHilaire, doyen de Prague, soutient à Roquesane, chef des calixtins, que Viclef avoit écrit en termes exprès : « Qu'une vieille pouvoit être roi et pape, si elle étoit meilleure et plus vertueuse que le pape et que le roi; qu'alors la vieill° diroit au roi : Levez-vous, je suis plus digne que vous d'être assise sur le trône2. » Comme Roquesane répondoit que ce n'étoit pas la pensée de Viclef, le même Hilaire s'offrit à faire voir à toute l'assemblée ces propositions, et encore celle-ci : « Que celui qui étoit par sa vertu le plus digne de louange, étoit aussi le plus digne en dignité; et que la plus sainte vieille devoit être mise dans le plus saint office3. » Roquesane demeura muet : et le fait passa pour constant.

Le même Viclef consentoit à l'invocation des saints, en honoroit les images, en reconnoissoit les mérites, et croyoit le purgatoire.

Pour ce qui est de l'eucharistie, le grand effort est contre la transsubstantiation, qu'il dit être la plus détestable hérésie qu'on ait jamais introduite4. C'est donc son grand article, de trouver du pain dans ce sacrement. Quant à la présence réelle, il y a des passages contre, il y en a pour. 11 dit que a le corps est caché dans chaque parcelle et dans chaque point du pain5. » En un autre endroit, après avoir dit, selon sa mauvaise maxime, que la sainteté du ministre est nécessaire pour consacrer valideraient, il ajoute qu'il faut présumer pour la sainteté des prêtres : mais, dit-il, «parce qu'on n'en a qu'une simple probabilité, j'adore sous condition l'hostie que je vois; et j'adore absolument Jésus-Christ qui est au ciel. » Il ne doute donc de la présence qu'à cause qu'il n'est pas certain de la sainteté du ministre qu'il y croit absolument nécessaire. On trouve roit d'autres passages semblables : mais il importe fort peu d'en savoir davantage.

Un fait plus important est avancé par M. de La Roque le fils5. Il nous produit une Confession de foi où la présence réelle est clairement établie, et la transsubstantiation non moins clairement rejetée : mais ce qu'il a de plus important c'est qu'il nous assure que cette Confession de foi fut proposée à Viclef dans le concile de Londres où arriva ce grand tremblement de terre, qu'on appela pour cette raison ce concilium terrae motus; » les uns disant que la terre avoit eu horreur de la décision des évêques, et les autres de l'hérésie de Viclef.

Mais sans m'informer davantage de cette Confession de foi dont nous parlerons avec plus de certitude quand nous en aurons vu toute la suite, je puis bien assurer par avance qu'elle ne peut pas avoir été proposée à Viclef par le concile. Je le prouve par Viclef même, qui répète quatre

Page 1