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LE PIC-VERT

Le pic-vert est le plus connu des pics, et le plus commun dans nos bois. Il arrive au printemps, et fait retentir les forêts de ses cris aigus et durs, tiacacan, tiacacan^ que l'on entend de loin, et qu'il jette surtout en volant par élans et par bonds. Il plonge, se relève et trace en l'air des arcs ondulés, ce qui n'empêche pas qu'il ne s'y soutienne assez longtemps; et, quoiqu'il ne s'élève qu'à une petite hauteur, il franchit d'assez grands intervalles de terres découvertes pour passer d'une forêt à l'autre.

Le pic-vert se tient à terre plus souvent que les autres pics, surtout près des fourmilières, où l'on est assez sûr de le trouver, et même de le prendre

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avec des lacets. Il attend les fourmis au passage, couchant sa longue langue dans un petit sentier qu'elles ont coutume de tracer et de suivre à la file ; et lorsqu'il sent sa langue couverte de ces insectes , il la retire pour les avaler; mais si les fourmis ne sont pas assez en mouvement, et lorsque le froid les tient encore enfermées, il va sur la fourmilière, l'ouvre avec les pieds et le bec, et, s' établissant au milieu de la brèche qu'il vient de faire, il les saisit à son aise , et avale aussi leurs chrysalides.

Dans tous les autres temps, il grimpe contre les arbres, qu'il attaque et qu'il frappe à coups de bec redoublés : travaillant avec la pins -grande activité, il dépouille souvent les arbres secs de toute leur écorce; on entend de loin ses coups de bec, et l'on " peut les compter. Gomme il est paresseux pour tout autre mouvement, il se laisse aisément approcher, et ne sait se dérober au chasseur qu'en tournant autour de la branche, et se tenant sur la face opposée. On a dit qu'après quelques coups de bec il va de l'autre côté de l'arbre pour voir s'il Ta percé; mais c'est plutôt pour recueillir sur l'écorce les insectes qu'il a réveillés et mis en mouvement; et ce qui parait encore plus certain, c'est que le son rendu par la partie du bois qu'il frappe semble lui faire connaître les endroits creux où se nichent 1ers vers qu'il recherche, ou bien une cavité dans laquelle il puisse se loger lui-même et disposer son nid.

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