LE VANNEAU
Le vanneau paraît avoir tiré son nom, dans notre langue et en latin moderne, du bruit que font ses ailes en volant, et qui est assez semblable au bruit d*un van qu'on agite pour purger le blé.
Cet oiseau est fort gai , il est sans cesse en mouvement, folâtre, et se joue de mille façons en Tair : il s y tient par instants dans toutes les situations, même le ventre en haut ou sur le côté, et les ailes dirigées perpendiculairement, et aucun oiseau ne caracole et ne voltige plus lestement. Les vanneaux arrivent dans nos prairies en grandes troupes au commencement de mars, ou même dès la fin de février, après le dernier dégel, et. par le vent du sud. On les voit
alors se jeter sur les blés verts , et couvrir le matin les prairies marécageuses pour y chercher les vers , qu'ils font sortir de terre par une singulière adresse. Le vanneau qui rencontre iin de ces petits tas de terre en boulettes ou chapelets que le ver a rejetés en se vidant le débarrasse d'abord légèrement, et ayant mis le trou à découvert, il frappe à côté la terre de son pied, et reste l'œil attentif et le corps immobile; cette légère commotion suffit pour faire sortir le ver, qui, dès qu'il se montre, est enlevé d'un coup de bec. Le soir venu, ces oiseaux ont un autre niianége; ils courent dans l'herbe et sentent sous leurs pieds les vers qui sortent à la fraîcheur; ils en font ainsi une ample pâture, et vont ensuite se laver le bec et les pieds dans les petites mares ou dans les ruisseaux.