L'HYÈNE
Cet animal sauvage et solitaire demeure dans les cavernes des montagnes, dans les fentes des rochers ou dans des tanières qu'il se creuse lui-même sous terre : il est d'un naturel féroce, et, quoique pris tout petit, il ne s'apprivoise pas; il vit de proie comme
le loup, mais il est plus fort et paraît plus hardi ; il attaque quelquefois les hommes, il se jette sur le bétail, suit de près les troupeaux, et souvent rompt dans la nuit les portes des étables et les clôtures des bergeries ; ses yeux brillent dans Tobscurité, et l'on prétend quMl voit mieux la nuit que le jour. Si Ton en croit tous les naturalistes, son cri ressemble aux sanglots d'un homme qui vomirait avec effort , ou
plutôt aux mugissements du veau, comme le dit Kœmpfer, témoin auriculaire.
L'hyène se défend du lion , ne craint pas la panthère , attaque Fonce, lequel ne peut lui résister; lorsque la proie lui manque , elle creuse la terre avec les pieds , et en tire par lambeaux les cadavres des animaux et des hommes que, dans les pays qu'elle habite ; on enterre également dans les champs. On la trouve dans presque tous les climats chauds de l'Afrique et de l'Asie, et il parait que l'animal appelé farasse à Madagascar, qui ressemble au loup par la figure, mais qui est plus grand, plus fort et plus cruel, pourrait bien être l'hyène.