LA FOUINE
La fouine a la physionomie très-fine, Toeil vif, le saut léger, les membres souples , le corps flexible , tous les mouvements très-prestes ; elle saute et bondit plutôt qu'elle ne marché ; elle grimpe aisément contre les murailles qui ne sont pas bien enduites, entre dans les colon[rf)iers , les poulaillers, etc..
mange les œufs, les pigeons, les poules, etc., en tue quelquefois un grand nombre, et les porte à ses petits; elle prend aussi les souris, les rats, les taupes, les oiseaux dans leurs nids. Nous en avons élevé une que nous avons gardée longtemps : elle s'apprivoise à un certain point, mais elle ne s'attache pas , et demeure toujours assez sauvage pour qu'on soit obligé de la tenir enchaînée. Elle faisait
la guerre aux chats; elle se jetait aussi sur les poules dès qu'elle se trouvait à portée. Elle s'échappait souvent , quoique attachée par le milieu du corps : les premières fois elle ne s'éloignait guère, et revenait au bout de quelques heures, mais sans marquer de la joie, sans attachement pour personne; elle demandait cependant à manger comme le chat et le chien : peu après elle fit des absences plus longues ^ et enfin ne revint plus. Elle avait alors un an et demi, l'âge apparemment auquel la nature avait pris le dessus. Elle mangeait tout ce qu'on lui donnait, à l'exception de la salade et des herbes; elle aimait beaucoup le miel , et préférait le chènevis à toutes les autreë graines. On a remarqué qu'elle buvait fréquemment, qu'elle dormait quelquefois deux jours de suite, et qu'elle était aussi quelquefois deux ou trois jours sans dormir ; qu'avant le sommeil elle se mettait en rond , cachait sa tète et l'enveloppait dans sa queue ; tant qu'elle ne dormait pas, elle était dans un mouvement continuel si violent et si incommode, que, quand même elle ne se serait pas jetée SUT les volailles, on aurait été obligé de l'attacher pour l'empêcher de tout briser. Nous avons eu quelques autres fouines plus âgées, que Ton avait prises dans les pièges; mais celles-là demeurèrent tout à fait sauvages; elles mordaient ceux qui voulaient les toucher, et ne voulaient manger que de la chair crue.