‹ Œuvres choisies de BuffonChapitre 82 sur 126 · LE FAISAN · texte numérisé non relu

LE FAISAN

Le faisan est de la grosseur d'un coq ordinaire, et peut en quelque sorte le disputer au paon pour la beauté; il a le port aussi noble , la démarche aussi fière, et le plumage presque aussi distingué : celui de la Chine a même les couleurs plus éclatantes ; mais il n'a pas, comme le paon, la faculté d'étaler son beau plumage ni de relever les longues plumes de sa queue, faculté qui suppose un appareil particulier de muscles moteurs dont le paon est pourvu, qui manquent au faisan, et qui établissent une différence assez considérable entre les deux espèces. D'ailleurs ce dernier n'a ni Taigretle du paon, ni sa double queue, dont l'une, plus courte, est composée de véritables pennes directrices , et l'autre , plus longue , n'est formée que des couvertures de celles-là. En général, le fs^isan parait modelé sur des proportions moins légères et moins élégantes,

ayant le corps plus ramassé, le cou plus raccourci, la tète plus grosse , etc.

Les faisans s'éloignent le plus qu'il est possible de toute habitation humaine ; car ce sont des oiseaux très- sauvages, et qu'il est extrêmement difficile d'apprivoiser. On prétend néanmoins qu'on les accoutume à revenir au coup de sifflet, c'est-à-dire qu'ils s'accoutument à venir prendre leur nourriture que ce coup de sifflet leur annonce toujours; mais, dès que leur besoin est satisfait, ils reviennent à leur naturel , et ne connaissent plus la main qui les a nourris ; ce sont des esclaves indomptables qui ne peuvent se plier à la servitude, qui ne connaissent aucun bien qui puisse entrer en comparaison avec la liberté , qui cherchent continuellement à la recouvrer, et qui n'en manquent jamais l'occasion ; les sauvages qui la perdent sont furieux ; ils fondent à grands coups de bec sur les compagnons de leur captivité, et n'épargnent pas même le paon.

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