PREMIERE CANZONE
Pourquoi ce découragement, ô mon âme ! tu crains peutêtre que je ne meure au nn'iieu de ces immenses douleurs ? Laisse la terreur au vulgaire, tu sais bien que mourir s'entend de celui qui quitte ce qu*ii aime. Si rien ne se résout en rien, jamais celui qui n*est pas mort en lui-même ne doit rien craindre ; celui qui a la paix ne saurait redouter aucune tribulation. Que nul autre raisonnement ne t'émeuve, car tu t'égarerais.
If.
Si une prison matérielle ne te retenait esclave, aucun tyran ne pourrait le faire, pas plus qu'on ne saurait asservir les vents déchaînés, les anges et les étoiles. Tes tourments te nuisent moins qu'à ceux qui te les infligent ; tes tourments te délivrent, ô mon âme ! ils te ressQsdtent et t'anrachent de ta iH'ii^on et de ton tombeau, car le corps est pour toi Tan et Tautre,
Mt^ POÉSIES
Dans l'immense espace de Tunivers, tout illuminé d'une lumière sereine produite par FÊtre Suprême, et tout couvert d'étoiles resplendissantes où les esprits vivent en liberté, notre terre seule apparaît ténébreuse et triste. Donc c'est un lieu d'exil pour les pécheurs bannis des royaumes splendides.
Les plus rebelles sont enfermés dans le centre de la tenre* accablés de tout son poids et plongés dans une mort éternelle ; et la surface du globe est tantôt gaie et tantôt triste , tantôt sombre et tantôt lumineuse pour les âmes encore enchaînées à la matière qui fait partie du monde. £a sortant du monde les âmes sont encore elles-mêmes, mais celles qui sont une fois descendues dans l'enfer ne peuvent plus en sortir, car elles y sont doublement frappées par la mort» et celles qui vont en haut ne sauraient redescendre, car elles détestent la prison qu'elles ont quittée.
Si l'esprit vital que la chaleur produit dans les hommes et dms ks ^mimaox, une kis sorti des corps, se réunit pour tODJomrs k son tout sans revenir jamais à nous, bien qu'il nous quitte à regret, ignorant qu'il passe de la doidetir it la
DE CAMPâNELLÂ* f 35
joie, à pins forte raison Tâme» qui n'est pas tfnne esseaoe mortdle, remontant vers son Créateur, édairée et Hbre, fiiit à jamais notre enveloppe. De là vient que les ttiges n'errent
pas-
Le corps qni t'environne, ô mon âme! est tellement grossier, que c'est à peine si par le moyen des yeni tu peux voir les objets;^ enc(H% n'en dîstingues-tn que certaines quantités qni sont même altérées par cet instrument imparfait qni change ce que la lumière lui montre, et ne parvient pas même à vdr l'air subtil ni les choses qui sont an-ddi.