AU COMMANDEUR CASSUNO DEL POZZO
De sa prison.
TRES-ILLUSTHE SEIGNEUR,
Jene sais si votre seigneurie a reçu une lettre de moi, qui se trouTaitdans le paquet adressé à Thomas de Franchis. Jevous y remerciais de votre attachement à la vertu et de votre bonté à mon égard. Je vous y priais aussi de vouloir bien vous employer auprès du père général ou du très-illustre protec-
(1) Ces laijiref ont été publiées en Kalie par M. Michel Baldachini, à la suite de son histoire de Campanella. Les neuf premières sont conservées à la Bibliothèque Albani, à Rome* et paraiisept avoir été adressées au commandeur Cassiano del Pozzo, attaché au cardinal BarherJûio. lies autres, ii rexoeption de laderw^m, sont adressées ii Peiresc et ont été communiquées à M. Baldachini par M. Libri.
tear de mon ordre, afin de le décider à adresser un mémoire en ma faveur, au nom de cet ordre même, au roi catholique. Car les conseillers d^État m'ont averti qu*on le désire ici, afin de pouvoir me remettre entre les mains de mes sa* périeurs. Ils sont las de moi et savent très-bien qu'en conscience ils ne peuvent me retenir, à cause du bref de Clément YIII, qu'ils n'ont pas même observé, puisque ce bref demandait qu'on poursuivît Taflaire jusqu'à la sentence inclusivement; mais comme ils ne trouvent pas sur quoi (1)
prononcer, ils ne veulent pas en finir.
Je vous prie, en outre, d'obtenir du père général et du très-illustre protecteur Borghèse, qu'on permette h frère Denis de Castelveterc, mon disciple, lecteur en théologie, de se rendre à Rome pour y négocier en ma faveur. Si j'obtiens ces]demandes, je suis certain de vous voir dans Tannée sainte. Vous pourrez vous servir de monsieur le secrétaire Ciampoli, ainsi que de M. Ascanio Filomarino, et du pouvoir de son t,rès-iliustre cardinal. Je n'en dirai pas davantage à un homme aussi bon par nature et par vertu que vous Fêtes, et je croirais vous faire injure en vous priant plus longuement. Que Dieu vous conserve pour sa gloire! Amen.
J(î suis', de votre Irès-iUuslrc seigneurie,
TafTetionné
FnèRE THOMâs Campanella.
I^aples, 25jfiînie34.
(I) Tontes leâ lacunes indiquées par des poiats sont dans le texte
italien.
DE gâupakëlla. 257
ÂL MÊME
De su prison.
TRES-ILLUSTRE SEIOELR,
Vous avez vu de grandes choses par lesyenx de votre intelligence, puisque vous avez répandu partout ce que Tintelligence suprême révèle au monde par ma voix, son vil instrument, et que vous avez visité les fosses et les lieux de torture avec une tranquillité d'âme victorieuse. Je prêche la cause de la raison éternelle pour le bien du monde, que je rappelle aux études divines. Je sais que c*est pour cela que je suis persécuté, mais les siècles futurs me comprendront. Je vous remercie de vos attentions, et je vous prie d'obtenir qu'on m'envoie beaucoup de livres.
Faviila a la liste de tous mes ouvrages. J*ai déjà terminé le troisième et dernier livre de hi théologie, qui est : De SeculisSeculcrum. Vous pourrez vous entendre avec Schoppe cl d'autres amis pour imprimer ces livres, que je dédie à
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Notre Saint Père te pape, ainsi que ceux qui sont à Rome. Stimulez la faiblesse des personnes qui me servent, et particulièrement de notre Favilla qui, lorsqu'il n'arrive pas sur l'heure à ses fins, se désespère et s'arrête. Je désire beaucoup me trouver à Rome l'année sainte, pour certaines choses très-utiles à la sainte Église. Je vous le répète, n'attendez ni Favilla ni aucuft miffe, mais dès à présent et sans cesse négociez auprès du père Général ou du cardinal Borghèse, protecteur de mon ordre, afin d'obtenir que frère Denis de Gastelvetere, mon disciple en toutes sciences, et surtout en théologie, puisse aller à Rome. Vous en serez très-satisfait, car il s^ra plus sûrenaent qu'un laïque. De plus, tachez que le père Général me demande au roi catholique, et qu'il le fasse tandis que j'ai des appuis en Espagne. Je sttis à vos erdre» eft tonte Aoa* el pWii de joie de vos bontés envers iitoi» et de votre eslioM ponr k v«rttt el poor tes hautet aci^Me«» Diies-iooi qneb aoiit cem de iMa m^ vri^iea que vous possèdes, s'ils sont Uen imprimés el s*il y i descommeetaireu Qee Dieaacrit avec vous l lio^i.
Je PA%f M.
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Napics, tO juiltut 1034.
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