‹ Œuvres choisies de Ch. PerraultChapitre 10 sur 97 · XX MÉMOIRES · texte numérisé non relu

XX MÉMOIRES

vers , on s'écria que c'était le même dont on me parlait. On me crut à ma parole, et M. Quîuault se trouva un peu embarrassé : cependant, comme il avoua franchement qu'il avait été du bien de ses affaires galantes qu'on le crût auteur de cette pièce , qu il aurait été bien aise d'avoir composée, cela ne luiût aucun tort dans le monde. Je composai ensuite le dialogue de FÂmour et de l'Amitié , qui fut imprimé plusieurs fois , et traduit en italien , par deux personnes différentes. M. Fouquet , surintendant des finances, le fit écrire sur du vélin , avec de la dorure et de la peinture.

Ma mère étant morte en l'année i GSy , peu de tems après le mariage de mon frère le receveur-général des finances , la maison de Yiry fut donnée à mon frère le receveur, dans le partage que nous fîmes des biens de la succession de la &mille. Il y fit bâtir un corps de logis , et comme j'avais un plein loisir , car mon frère avait pris un commis pour sa recette générale , je m'appliquai à faire .bâtir cette maison , qui fut trouvée bien entendue* Il est vrai que mes frères avaient grande part au dessin de ce bâtiment , que je conduisis, n'ayant pour ouvriers que des Limousins qui n'avaient fait autre chose toute leur vie que des murs de clôture : je leur fis faire aussi la rocaille d'une grotte, qui était le plus bel'ornement de cette maison de campagne. Quand ils montraient tout cela à leurs amis Limousins , comme leur ouvrage , il les étonnaient fort et ils s'acquirent une grande réputation d'hàbileté. Je rapporte ici la part que j'ai au bâtiment de Yiry , parce que le récit qu'on en fit à M. Golbert fut cause particulièrement de ce qu'il songea à moi pour en faire son commis dans la surintendance des bâtimens du roi : ce qui arriva vers la fin de l'année i663, en la manière que je vais dire.

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