‹ Œuvres choisies de Ch. PerraultChapitre 9 sur 97 · LIVRE I. xix · texte numérisé non relu

LIVRE I. xix

d^alier demeurer avec lui. J^acceplai cette proposition , où je voyais d^aîlleurs plus de douceur et de plaisir qu'à traîner une robe dans le Palais. Je fus dix ans avec lui ; car j'y entrai au commencement de Tannée i654 9 et j*en sortis ponr aller chez M. Colbert , en i664* Comme la commission de la recette générale ne m'occupait pas beaucoup , (car il ne s'agissait que d'aller recevoir de l'argent et d'en donner , soit à l'Epargne , qui ne s'appelait pas encore le Trésor Royal , soit à des particuliers assignés sur la recette générale ) , je me remis à étudier. Une bibliothèque fort belle , que mon frère acheta des héritiers de l'abbé de Serisi, de l'Académie Française, et auteur de la Métamorphose des yeux de Philis en astres , en fut la principale occasion , par le plaisir que j'eus de me voir au milieu de tant de bons livres. Je me mis aussi à faire des vers ; et le portrait d'Iris fut presque le premier ouvrage que je composai. Je n'ai rien fait de meilleur dans ce genre-là : tant il est vrai qu'avec un goAt naturel , on fait aussi bien en commençant que dans la suite , et que la différence n'est guère que dans la plus grande facilité de composer, que Ton acquiert avec le tems. Je fis ce portrait d'Iris k Yiry , sur une idée en l'air , et ne crus nullement qu'il fût, k beaucoup près, aussi bon qu'il fut trouvé quand il parut. M. Quinaolt vint nous voir k Yiry 5 je le lui lus : et comme il le trouva fort à son gré , je lui en donnai une copie. De retour à Paris, il le montra à une jeune demoiselle dont il était amoureux , et qui crut qu'il l'avait composé pour elle. Il trouvait son compte k la laisser dans cette erreur , et il ne crut point être tenu de la désabuser , de sorte que le portrait courut par tout Paris , sous le nom de M. Qninault. On me parla de ce portrait , et je dis que j'en avais fait.un sous le même nom d'Iris. Dès que j'en eus dit le premiè^r

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