‹ Œuvres choisies de Ch. PerraultChapitre 26 sur 97 · LOUIS XIV, ROI DE FRANCE ET DS WAVAHKE · texte numérisé non relu

LOUIS XIV, ROI DE FRANCE ET DS WAVAHKE

Après avoir dompté ses ennemis , donné la paix à PEurope, et soulagé ses peuples ,. ayant résolu de faire achever le royal bâtiment du LooTre, commencé par Françob I'' , et continué par les rois suîyans, (t travailler quelque tems sur le môme plan : mais depuis, ayant conçu un nouveau dessein , et plus grand et plus magnifique , dans lequel ce qni avait été bâti ne peut entrer qne*pour une petite partie , il fit jeter ici les fondemens de ce superbe édifice , Fan de grâce MDCLXY , le 17^ jour du mois d'octobre. Messire Jean-Baptiste Golbert, ministre d'état et trésorier des ordres de Sa Majesté, étant alofs surintendant de ses bâtimens.

Dans une autre plaque de cuivre, de même grandeur et de même épaisseur , il y avait :

Ludoçicas XIK ^ Francorum tt Navarrœ rex^ christianissimus , fflortnieœtatey consummata virtuie, devicUs hostibus ^ sociis defensis^ juûhus produciis , pace S€uicita ^ asserta reiigiont , naçiffatione iks^ tawrata ,

RBGIAS ADES

Suptriorum principum œvo inchoatas et ab ipso juxta prions txtmplaris formam tnagna ex parte constructas, tandem pro ma- )on tam sua quam imperii dignitate longe ampliores atque editiores txtiiari jussit; earumque fundamenta posait anno R. S, MDCLXV. Octob, operi promovendô soterier ac seduo ihvigilante Joan,'Baptisia Coiàert. Régi. AEdif, Prœfecto,

Un jour que j'étais dans Fatelier du cavalier Bernin , où il retouchait le buste du roi, je m'amusai à examiner le dessin de la façade du Louvre , du côté de la rivière , que le sieur Mathias , élève du cavalier , mettait au net. Ayant remarqué qu'un côté était différent de l'autre , j'en demandai la raison an seigneur Mathias. Le cavalier, qui m'en-

liv MÉMOIRES,

tendit faire cette denttnde , entra tout-à-coup en fureur , et me dit les choses du monde les plus outrageantes , et entr*autres , cpe )e n'étais pas digne de décrotter la semelle de ses souliers* Après lui avoir laissé évaporer sa bile , je lui dis le plus honnêtement et le plus respectueusement que je pus, que je n'avais pas prétendu trouver rien à redire k son dessin ; mais (ju'ayant l'honneur d'être le premier commis des bâtimens , j'avais cm pouvoir m'instruîre avec son élève de ce que j'ignorais , et qu'étant tous les jours exposé à mille questions , que des personnes de qualité me faisaient sur les bâtimens, j'avais fait la demande qui l'avait blessé, pour me mettre en état de pouvoir répondre à ceux qui me feraient la même observation. Ce que je lui dis était si raisonnable que sa colère en diminua un peu ; cependant il continua à répéter ces paroles : « A un homme de ma sorte ! moi que le pape traite avec honnêteté , et pour qui il a des égards : que je sois traité ainsi ! Je m'en plaindrai au roi , quand il irait de ma vie ; je veux partir demain et m'en aller. Je ne sais à quoi il tient que je ne donne du marteau dans mon buste , après un si grand mépris qui se fait de moi '. Je m'en vais chez M. le nonce. >» Je n'ai point su s'il y alla ou non ; mais il n'en parla ni au roi , ni à M. Golbert , et la chose en demeura là. M. de Chantelou met , dans son journal , que ce fut lui qui empêcha qu*il ne se plaignit , lui ayant représenté qu'il ruinerait la fortune d'un jeune homme. Cependant il ne m'aurait fait aucun tort ; car avant raconté le même jour à M. Colbert ce

* On sera cl*aatant moins ëtonne des petites mortifications que le cavalier Bemin essayait de donner k M. Perrault , sî Ton fait attention qu'il n'ignorait pas sans doute que c'était lui qui e'clairaît M. Golbert sur ses dessins, afin de faire valoir ceux de son frère le me'decin.

( Note de Patte, )

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