‹ Œuvres choisies de Ch. PerraultChapitre 28 sur 97 · LIVRE II* Ivij · texte numérisé non relu

LIVRE II* Ivij

«Quand j'ai refusé la grâce du criminel, mon jugement était-là , en montrant son front : Quand je Tai accordée à ses sœurs, il était ici, en mettant la main sur son cœur » ; qa'on ne pouvait emplir une fiole à une grosse fontaine, et qu'on faible génie ne pouvait profiter avec un génie trop fort et trop abondant Ce génie trop fort et trop abondant, c'était lui ; et M. Le Brun était le génie trop faible ; c'est ce qu'il dit au sujet du silence qu'il gardait sur les ouvrages de M. Le Brun; qu'il fallait que les écoliers apprissent à dessiner les draperies sur les bas-reliefs : (c'est ordinairement, selon moi , ce qu'il y a de moins bon dans les bas-reliels antiques ) ; qu'il ne faut point de fleurs aux bordures.des tapisseries, ni d'or bruni aux bordures des tableaux, parce qu'ils brillent trop ; ni d'ornement aux niches des figures , parce que ces figures en sont elles-mêmes l'ornement; que Raphaël conmiençait à peindre comme le Titien quand il mourut ; c'est-à-dire , à faire des reflets , comme on le voit au portrait de Léon X.

Çhe lefabriche sono i ritreUti delt animo dei Principe,

Qne le peintre Tudesco était tout un autre homme pour les dessins d'argenterie que M. Le Brun.

Je doute , disait-il , que le roi se connaisse encore aux belles choses : il faudrait pour cela qu'il eût vu quelque morceau d'architecture ; inaintenant qu'il a vu de la sculpture (il entendait parler de son buste), il pourrait mieux en juger que de l'architecture. Il dit à M. Le Bnm , qu'il fallait toujours faire les jambes plus longues que courtes : il avait raison , c'était le défaut de M. le Brun ; que (es Espagnols n'aiment en sculpture que le poli , qu'ils appellent lindo.

(Jn roi dit : <c Je vole mes sujets. » Le ministre dit : « Je

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vole le roi. » Le tailleur dit : « Je vole le ministre. » Le soldat : « Je les vole l'un et l'autre. » Le confesseur : « Je les absous tous les quatre. « £t le diable dit : « Je les emporte tous cinq. »

La colonne Trajane a été l'école de Raphaël et de Jules Romain. Michel-Ange disait jque si les Lombards avaient bien dessiné , on ne regarderait plus ses ouvrages ni ceux des autres : mais qu'il n'y avait que Rome où il y eût une colonne Trajane. ( Pure forfanterie ; il y a quelques bas reliefs dans le bas de cette colonne qui sont beaux ; et presque tous les sculpteurs, pour se former le goût, en ont de plâtres qui sont aussi bons que les originaux. Le surplus de la colonne ne vaut guère , et depuis qu'on les a apportés moulés en France , il ne s'est pas trouvé un seul peintre ni un sculpteur qui ait été les copier , quoiqu'on ne les ait fait venir que dans cette intention-là )•

M. de Chantelou a dit : que les figures de la colonne Trajane étaient faites avec cette considération , que celles d'en haut paraissent de la même grandeur que celles d'en bas , parce qu'elles sont réduites et faites poui^ être de la même ouverture d'angles de rayons visuels , ce qui fait que toutes les figures semblent d'une grandeur égale, quoiquelles soient toutes différentes les unes des autres. ( Le bon homme ne savait ce qu'il disait. Je les ai fait mesurer paf«M. Girardon qui m'en a apporté les mesures : les bas-reliefs du bas de la colonne sont de la même grandeur que ceux du haut : il n'y a pas une ligne de différence ).

Le cavalier dit que Vigarani n'avait aucune intelligence ni de la perspective ni du dessin ; que son père sut quelque chose touchant les machines , mais que son fils n'y entendait rien , et qu'il faisait tout par un valet qui en savait plus que lui.

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