‹ Œuvres choisies de Ch. PerraultChapitre 3 sur 97 · LIVRE · texte numérisé non relu

LIVRE

venir en classe. En disani cela ^ je, lui fis la révérence , et à tous les écoliers , et sortis de la classe. Un de mes amis, nommé Beaurin , qui m'aimait fort , et qui s'était en quelque sorte rangé auprès de moi , parce que toute la classe s'était déchaînée contre lui , sans savoir pourquoi , sortit aus^ , et me suivit^ Nous allâmes de là au jardin du Luxembourg , où ayant réfléchi sur la démarche que nous venions de faire , nous résolûmes de ne plus retourner en classe , parce qu'il n'y avait plus à profiler : tout le tems ne s'employant qu'à exercer ceux qui devaient répondre ; et nous nous mîmes à étudier ensemble.

Cette espèce de folie fut cause d'un bonheur ; car si nous eussions achevé nos études à l'ordinaire , nous aurions apparemment , chacun de notre cAté , passé le tems à ne rien faire. Nous exécutâmes notre résolution , et , pendant trois ou quatre années de suite , M. Beaurin vint , presque tous les jours deux fois au logis ; le malin à huit heures jusqu'à onze , et Taprès-diné y depuis trots heures jusqu'à cinq. Si je sais quelque chose ^ je le dois particulièrement à ces trois ou quatre années d'études. Nous lûmes presque toute la Bible , et presque tout Tertullien ^ THistoIre de France de la Serre et de Davila ; nous traduisîmes le Traité de Tertullien , de VHabillemeni des Femmes ; nous lûmes Virgile , . Horace , Tacite , et la plupart des autres auteurs classiques , dont nous fîmes des extraits , que j'ai encore. La manière dont nous faisions la plupart de ces extraits nous était fort utile. L'un des deux lisait un chapitre ou un certain nombre de lignes , et après la lecture « il en dictait le sommaire en français , que nous écrivions en y insérant les plus beaux passages , dans leur propre laague. Après que l'un avait lu et dicté de la sorte, Tautre çn faisait autant : ce qui nous accoulumait à traduire et à

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