‹ Œuvres choisies de Ch. PerraultChapitre 36 sur 97 · LIVRE III. IXXT · texte numérisé non relu

LIVRE III. IXXT

inahre des cérémonies alla la prendre dans la salle des ambassadeurs ^ où elle s'était assemblée , et la mena jnsqu^ii la chambre du roi, où le secrétaire d'état de la maison du roi se tronya et la présenta à Sa Majesté , qui l'attendait La harangae plut extrêmement , et le roi témoigna de la joie de l'avoir appelée à cette cérémonie. L'Académie a continué depuis à s'acquitter de ce devoir., dans toutes les reneODtrcs qui s'en sont présentées. t

Après les conquêtes de Flandre, et de la Franche-Comté, H. G)lbert proposa d'élever un arc de triomphe ' à la gloire daroi; M. le Brun et M, le Yau en firent des dessins. «Ten fis aussi un que j'enyoyai à M. Colbert, et que j'appelais on griflbnnement Ce ministre écrivit à la marge de ma lettre , que ce grifibnnement lui plaisait plus que les dessins qa'oD lui avait donnés ; et c'est sur ce griffbnnement que mon frère forma le dessin cpii a été exécuté en grand mondèle à la porte Saint-Antoine. Il en fit encore plusieurs au* Ires dessins , parmi lesquels il y en a de plus beaux que celui qui a été exécuté , mais que M. Colbert ne voulut pas choisir , parce que , dis^it^il , ils n'étaient pas dans la forme qu'on a toujours donnée i ces sortes d'édifices. Ce fut M.Gittard, architecte, que M. Colbert chargea de faire exë-

* La première pierre de cet arc de triomphe futpose'e le 6 août 1670. 11 ne fut élevé en pierre que jusqu*à la hauteur des piédestaux des rolonoes ; et , pour juger de Ponvrage entier , on le continua seulement en pl&tre. Louis XIV parut, dit- on , si peu sensible à la perfection de ce monument, que la Ville en discontinua la construction. Après la mort de ce prince , le duc d*Orléans, régent, prit encore moins d*intérétà cet édifice, de sorte qu'on se détermina à le démolir <o 1716. Leclerc nous a gravé une belle estampe de ce magnifique arc ne triomphe, qui doit faire regretter que Ton n*en ait pas suivi, en son teins, Fentière eiéoitlon. ( No/e de Patte. )

Ixxvj MÉMOIRES,

ciiter le modèle sous la conduite de mon frère. Quand le roi alla voir ce modèle , il en parut tout<à-fait content ; mais presque tout le public trouva que les arcades , et particulièrement celle du milieu , notaient pas assez larges pour leur hauteur. Monsieur , frère unique du roi , qui se fait un* plaisir de lui apprendre les nouvelles de la ville , lui dit que tout le monde se plaignait de ce défaut. Le roi ordonna là dessus à M. Colbert de lui faire deux petits dessins , l'un du modèle tel qu'il était, l'autre de la proportion qu'on souhaitait qu'il fût. Mon frère fit ces deux dessins , qui ont été deux ou troismois dans la chambre du roi , et que Sa Majesté rendit ensuite à M.Colbert, en lui disant : c( Je persiste toujours àtrou-

, ver le dessin du modèle tel qu'il est, plus beau que Tautre : cependant comme il faut avoir égard au public , je suis d'avis de partager le différent par la moitié, et d'augmenter la largeur des arcades de la moitié de ce qu'on demande. » Cette

' résolution fut suivie dans l'ouvrage effectif, qui est d'une proportion moyenne entre celle des deux petits dessins.

Vers ce tems-là on proposa d'amener k Versailles une portion de la rivière de Loire. M. Riquet, qui a fait le canal dé la commuiaication des deux mers, était l'entrepreneur de ce travail et le devait exécuter , moyennant la somme de deux millions quatre cent mille livres. Le traité allait être figuré , lorsqu' ayant par hasard parlé de cette proposition à M. l'abbé Picard, de l'Académie des sciences, celui-ci me dit que la chose était impossible ; qu'il avait nivelé le terrain , fort légèrement à la vérité , mais suffisamment pour pouvoir assurer qu'il n'y avait pas assez de pente pour l'a-^ mener sur la montagne de Satori ,' vis-à-vis de Versailles , où on devait la conduire. J'en parlai à M. Colbert , qui marqua du chagrin de ce que je lui disais : il m'ordonna cependant de faire venir M. Tabbé Picard, qui lui dit positive-

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