‹ Œuvres choisies de Ch. PerraultChapitre 86 sur 97 · LE SIÈCLE · texte numérisé non relu

LE SIÈCLE

£u abordant la mer coule majestueux ,

Qui, sortant de son roc sur Fherbe de ses rives ^

Y roulait , inconnu , ses ondes fugitives.

Donc , quel haut rang4'honneur ne devront point tenir Dans les fastes sacrés des siècles à venir, Les Regniers, lesMainards,les Gombands,les Malherbes, Les Godeaux , les Racans , dont les écrits superbes y En sortant de leur veine , et dès qu'ils furent nés > D'un laurier immortel se virent couronnés.

Combien seront chéris par les races futures , Les galans Sarrasins , et les tendres Voitures , Les Molières naïfs , les Rotrou , lés Tristans « Et cent autres encor délices de leur tems.

Mais quel s^ra le sort du célèbre Corneille , Du théâtre français Thonneur et la merveille , Qui sut si bien mêler aux grands événemens « L'héroïque beauté des nobles sentimens ?

Qui des peuples pressés vit cent fois Taffluence , Par de longs crb de joie honorer sa présence , Et les plus sages rois , de sa veine charmés > Écouter les héros qu'il avait animés.

De ces rares auteurs , au temple de mémoire , On ne peut concevoir quelle sera la gloire , Lorsqu'insensiblement, consacrant leurs écrits, Le tems aura , pour eux , gagné tous les esprits ; Et par ce haut relief qu'il donne à toute chose , Amené le moment de leur apothéose.

Maintenant , à loisir , sur les autres beaux arts , Pour en voir le succès , promenons nos regards.

Amante des appas de la belle nature ,

Page 1